Les Maudites : une énième variation de la possession

Avec Les Maudites, premier long-métrage de Pedro Martin Calero, l’Espagne tente de raviver la flamme du cinéma horrifique, mais le film finit par se perdre dans les redites d’un genre déjà largement exploré.

Andréa, une jeune femme incarnée par Ester Exposito, voit son quotidien perturbé par une présence fantomatique terrifiante : un spectre masculin qui la suit et apparaît derrière elle sur les images de la caméra. Chamboulée par cette découverte angoissante, l’étudiante se déconnecte peu à peu de la réalité, face à l’omniprésence d’une entité possédante. Quelques années plus tôt, sa mère biologique, Marie, a vécu une expérience similaire. Seule une jeune passionnée de cinéma, Camila, parvient à capter les apparitions furtives et à comprendre le lien entre ces événements.

L’Espagne est un bastion reconnu de l’horreur, avec des réalisateurs comme Jaume Balagueró et Paco Plaza qui ont marqué le genre. Pedro Martin Calero semble vouloir s’inscrire dans cette lignée avec Les Maudites, censé offrir un nouveau souffle au cinéma horrifique ibérique. Pourtant, le film s’inspire largement de ses prédécesseurs, et sa première partie se perd dans les méandres d’un déjà-vu gênant. Andréa lutte contre un spectre omniprésent, que Calero filme sans artifices horrifiques, dans des recoins sombres. Le film devient rapidement une resucée d’histoires d’emprise déjà mille fois racontées, sans véritable innovation.

Bien que le cinéaste parvienne à créer une atmosphère glaciale, presque malsaine, où la souffrance d’Andréa semble palpable, la structure en deux parties fragilise le rythme du film. Tandis que le premier segment, avec son ambiance glaciale et croissante, reste intéressant, le second, qui se déroule des années plus tôt, brise brutalement cette tension et plonge Les Maudites dans une certaine lourdeur. Au lieu de progresser vers un dénouement final efficace, Calero s’embourbe dans une partie finale qui n’ajoute que des explications à ce qui a été dévoilé dans l’introduction. Les rebondissements sont prévisibles, bien que la fin tente de relever le niveau en introduisant des questionnements mystérieux.

Les Maudites cherche néanmoins à se démarquer des productions formatées du cinéma d’horreur espagnol, loin de l’excès grandiloquent ou des effets guignolesques. Mais la réalisation de Calero demeure timide, avec un style trop souvent éteint et des performances inégales. Ester Exposito tire son épingle du jeu, tandis que Malena Villa peine à convaincre, son interprétation frôlant le monolithisme. Les quelques références, du climat poisseux de Rec à l’empoisonnement familial de Abuela, suscitent de l’intérêt, mais ne suffisent pas à compenser les faiblesses narratives et stylistiques du film.

Les Maudites, de Pedro Martin Calero, en salles le 21 mai 2025.

Note :

1/5

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