Premier long métrage de Louise Courvoisier, prix Jean Vigo, Prix de la jeunesse Un certain regard à Cannes, Valois de diamant et Valois des étudiants francophones à Angoulême.
Nous suivons le dos ruisselant d’un restaurateur. Une voix prend le dessus sur celle des autres. Totone, un adolescent toujours enclin à faire la fête, se met à nu devant son village.
Visages et corps animaliers ou humains sont cadrés en gros plans. Cernés et rougis par la vie. Ou plutôt la survie ; travailler pour avoir de quoi manger. Ce n’est pas la vache que nos jeunes cow boys doivent attraper mais son lait. Les voleurs opèrent la nuit. La petite sœur de Totone galope fièrement à dos de cuve sur la route du comté.
Le violoncelle fait écho aux meuglements des vaches tandis que vocalises et tambours de guerre vrombissent au rythme des cylindrées. C’est ainsi que défilent en scope les paysages jurassiens.
Musique et dialogues laissent place au son du fromage lorsque Totone soutire le caillé devant les yeux ébahis de sa petite sœur. Un comté qui, s’il remportait la médaille d’or, mettrait les deux enfants à l’abris du besoin.
En amour point de fleurs, Totone offre à Maïwenn une meule mal affinée. Le film se clôture en nudité comme il s’est ouvert ; aux fesses de Totone on cède la place à la poitrine de Maïwenn. Ces corps en accord avec la nature qui pétrissent le lait pour le transformer, en espoir à volonté.
Vingt Dieux, de Louise Courvoisier, en salles le 11 décembre 2024.
Par Tania Laniel
