
Avec le film documentaire No Other Land, en salles le mercredi 13 novembre, Basel Adra, Hamdan Ballal et Yuval Abraham éveillent les consciences sur le processus de colonisation des terres palestiniennes.
Après Voyage à Gaza, de Piero Usberti, qui relate la vie carcérale des Gazaouis, No Other Land ajoute une couche de peinture sombre à un tableau déjà très noir. Basel Adra est un jeune activiste palestinien, témoin de la politique d’expropriation menée par l’État d’Israël. Les villages arabes sont tout simplement détruits par l’armée israélienne pour faire place à ses colonies. Le documentaire, poignant, raconte l’histoire d’un peuple peu à peu privé de sa terre au profit de l’installation de colons israéliens. L’équipe filme des pratiques douteuses, inhumaines, et met en lumière des habitants contraints de vivre dans des grottes troglodytes insalubres. No Other Land (littéralement « Nulle autre terre » en français) se mue en un témoignage édifiant sur les conditions de vie des Palestiniens, déchus de leur droit à la terre et condamnés à vivre entassés dans une enclave. Le documentaire ne néglige rien et se rapproche d’un essai journalistique dont l’objectif est d’informer. Caméra à la main, les trois hommes immortalisent des moments d’intenses tensions, montrant les soldats israéliens et les engins de démolition qui détruisent maisons et écoles.
Face à ce flot d’images révélatrices du contexte actuel, il est difficile de ne pas contenir ses émotions. No Other Land illustre le combat quotidien de toutes ces personnes, dont Basel Adra, attaché à cette terre qu’il voit progressivement disparaître. L’œuvre n’épargne pas les images chocs qui dévoilent tirs et blessures mortelles. Absolument rien n’est éludé, précisément pour retranscrire les dures réalités. Destructions massives, coupures d’eau, privations d’électricité… tout est abordé pour lancer un message fort et éveiller, ou réveiller, les consciences sur la situation au Proche-Orient, qui perdure depuis plusieurs décennies. Le film confirme nettement la volonté de faire connaître la lutte acharnée menée par les activistes, Basel Adra en tête. Alors que le conflit fait encore rage et s’enlise dans la violence, le quotidien des villageois palestiniens devient une source intarissable de sujets. Sans être véritablement politique, la production est évidemment partiale. Il faut saluer la prise de risques des trois documentaristes, qui ont compilé des séquences terribles que les médias n’évoquent pas toujours. C’est là toute la force du réalisme. Nul doute que No Other Land, par son exposition, saura sensibiliser les consciences.
No Other Land, de Basel Adra, Hamdan Ballal et Yuval Abraham, en salles le 13 novembre 2024. Note: 5/5
