Moulin, Quelques mots d’amour: nos avis de la semaine

Découvrez nos avis concernant les films sortis le mercredi 28 octobre, dont Moulin, réalisé par Laszlo Nemes, avec Gilles Lellouche.

Moulin, de Laszlo Nemes

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Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2026, Moulin, le nouveau film de László Nemes, retrace les derniers jours de Jean Moulin, figure majeure de la Résistance française. Le réalisateur hongrois revient sur le travail clandestin des résistants, leur organisation et leur lutte contre la Gestapo, jusqu’à l’arrestation de Moulin dans le cabinet du docteur Dugoujon. Le récit se poursuit à la prison de Montluc, où il est soumis aux interrogatoires et aux tortures de Klaus Barbie, interprété par Lars Eidinger. Face à la brutalité de son bourreau, Jean Moulin refuse de parler et de trahir ses compagnons.

Nemes filme cette confrontation dans un huis clos oppressant, où l’enfermement et la violence occupent une place centrale. Loin du biopic traditionnel, il choisit de se concentrer sur cette période décisive de la vie du résistant. Dans la continuité du Fils de Saul, le cinéaste privilégie une mise en scène immersive, au plus près de la souffrance et de l’épuisement de son personnage. Un film dur et sans concession, qui rend hommage au courage et à la détermination d’un homme resté fidèle à ses convictions jusqu’au bout.

Quelques mots d’amour, de Rudi Rosenberg

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Après Le Nouveau, Rudi Rosenberg retrouve l’univers de l’adolescence avec Quelques mots d’amour, une chronique familiale autour de l’absence du père et de la place de chacun au sein d’une famille monoparentale. Erika, mère de deux enfants interprétée par Hafsia Herzi, élève seule sa famille. Sa fille Abigaelle, persuadée que son père l’aime malgré son absence, décide de partir à sa recherche, entraînant les siens dans cette quête affective. À travers cette histoire, le réalisateur aborde le manque de repères paternels et les blessures que peut laisser une famille incomplète. Le silence du père nourrit les espoirs de l’adolescente, qui refuse de renoncer à l’idée de retrouver son affection.

Sans tomber dans le mélodrame, Rudi Rosenberg filme avec justesse les difficultés d’une mère qui assume seule les responsabilités du quotidien et les interrogations d’une adolescente en quête de réponses. L’humour vient parfois alléger une histoire traversée par la solitude et les illusions. Le film rappelle aussi que l’absence d’un père ne condamne pas une famille à l’échec et que l’amour maternel peut constituer un repère essentiel. Une chronique douce-amère, sensible dans son regard sur les liens familiaux, même si elle peine parfois à donner toute sa force émotionnelle à son sujet.

La Tentazione, de Nicolangelo Gelormini

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La Tentazione, de Nicolangelo Gelormini, met en scène Valeria Golino dans le rôle de Gioia, une enseignante réservée, encore sous l’emprise d’une mère autoritaire. Sa rencontre avec Alessio, un jeune homme au mode de vie et à la sexualité libérés, fait naître une attirance aussi inattendue que troublante. Derrière cette relation improbable se dessine peu à peu un jeu dangereux, où le désir se mêle à la manipulation et aux pulsions les plus sombres. Le réalisateur joue sur le contraste entre deux personnalités et deux générations, faisant de leur rapprochement le moteur d’un récit qui emprunte autant à la romance qu’au thriller.

Porté par une Valeria Golino convaincante, le film dresse le portrait d’une femme fragile, en manque d’affection et prête à croire aux promesses d’un amour qui pourrait enfin lui permettre de s’émanciper. Mais cette quête sentimentale la conduit progressivement vers une situation dont elle ne mesure pas les dangers. Gelormini assume une approche provocatrice, bouscule les conventions et entretient un malaise qui ne quitte jamais le spectateur. Une histoire dérangeante sur le désir, la solitude et les illusions amoureuses, portée par une interprétation sensible de Valeria Golino.

Le Mystère Lucy Lost, de Olivier Clert

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Le Mystère Lucy Lost, réalisé par Olivier Clert et adapté du roman Listen to the Moon de Michael Morpurgo, est une belle réussite de l’animation française. Le film raconte l’histoire de Lucy, une petite fille aux cheveux blancs qui grandit sur une île où sa différence suscite la méfiance et le rejet des habitants. Malgré l’affection de sa famille, elle peine à trouver sa place et porte un secret qui va peu à peu se dévoiler. À travers son parcours et son amitié avec Milly, le récit aborde la différence, le deuil, les traumatismes de la guerre et la quête d’identité.

Visuellement, Olivier Clert mêle couleurs chaleureuses et animation traditionnelle, avec des influences japonaises qui rappellent les dessins animés des années 1990, notamment Heidi et Princesse Sarah. Le réalisateur prend quelques libertés avec le roman original, privilégiant une narration plus directe et accessible au jeune public. Sans renoncer à la gravité de son sujet, il introduit de l’humour et de la poésie pour aborder des thèmes comme la xénophobie et le rejet de l’autre. Une adaptation sensible et soignée, qui trouve le bon équilibre entre émotion, aventure et réflexion.

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