La plateforme Arte.tv propose un film poignant, Vous n’aurez pas ma haine, une adaptation du livre d’Antoine Leiris, qui a perdu sa femme lors des attentats du 13 novembre 2015.
Kilian Riedhof s’empare d’un sujet douloureux rappelant les heures les plus sombres de l’histoire française récente. Il raconte l’histoire de l’écrivain-journaliste endeuillé par le décès tragique de son épouse et qui écrit une lettre intitulée Vous n’aurez pas ma haine pour exprimer ses ressentis. Quelques mots qui représentent la douleur, l’indicible, la tragédie. Le film explore les mécanismes du deuil, la difficile reconstruction, le récit d’un père perdu, se retrouvant seul avec son fils. Antoine Leiris y est représenté comme un homme isolé, déprimé, perdu face à l’absence de celle qu’il aimait. Avec une extrême dramaturgie et des scènes où la tristesse est palpable, Kilian Riedhof filme l’immense peine qui se lit sur le visage et dans les attitudes, trahissant le sentiment de totale destruction morale. Aux côtés de Revoir Paris, d’Alice Winocour, Vous n’aurez pas ma haine apporte un complément émotionnel puissant dans le traitement d’un thème délicat. Filmé presque comme un huis clos, dans un appartement imprégné de l’absence, l’œuvre décrit l’étreinte du deuil qui compresse peu à peu l’esprit d’un Antoine Leiris perturbé. Très larmoyant, le film n’en est que plus juste.
Vous n’aurez pas ma haine ne cherche pas à mettre en avant la carte du racisme. Il valorise surtout le combat d’un homme qui a choisi la plume pour s’en sortir. Il s’agit d’une lutte mentale contre les conséquences du décès, d’une survie nécessaire qui se met en place difficilement. Kilian Riedhof entraîne son spectateur dans cette spirale négative, où l’on a l’impression de souffrir aux côtés du protagoniste. Que dire de la prestation de Pierre Deladonchamps : magnifique. L’acteur porte le film sur ses épaules et livre une composition tout simplement remarquable.
