La Vallée des fous: une atypique épopée en solitaire

Synopsis :

Passionné de voile, Jean-Paul traverse une passe difficile. Il accumule les dettes et s’éloigne des siens. Bien décidé à reprendre sa vie en main, il s’inscrit à Virtual Regatta la course virtuelle du Vendée Globe. Il se met dans les conditions d’un vrai skipper en s’isolant pendant 3 mois sur son bateau dans son jardin… Ce voyage pas comme les autres, lui permettra de renouer avec sa famille mais surtout avec lui-même.

Trois ans après Albatros, le thème marin ne quitte plus Xavier Beauvois, qui concocte un film au scénario sympathique et envoie Jean-Paul Rouve dans une course imaginaire.

Une mère décédée, une famille déchirée par des incompréhensions, un père aux abois qui voit son restaurant couler à pic et décide de s’inscrire à une course solitaire en ligne à bord d’un voilier amarré au fond de son jardin… À première vue, La Vallée des fous offrait un synopsis prometteur pour un film original et relevé. L’ensemble n’a finalement rien de tout cela, puisqu’il ne propose qu’une énième resucée de sujets à caractère social, avec un père antipathique, porté sur la bouteille, et une sphère familiale détruite par le décès de son épouse. Relativement peu inspiré, à l’image de ses productions récentes, Xavier Beauvois s’embourbe dans le cliché de l’alcoolisme, quitte à caricaturer son personnage. Jean-Paul Rouve, pourtant bon acteur, surjoue le côté ivre du restaurateur en faillite personnelle, le rendant assez peu attachant. La mise en scène ne contient rien de bon non plus, et tout laisse à penser que Xavier Beauvois a vraisemblablement perdu le talent qui était le sien. Loin de la qualité de Des hommes et des dieux, La Vallée des fous possède une première partie poussive, souvent maladroite, avec des scènes où le père vocifère sur ses proches, le verre à moitié plein. Vue et revue, l’histoire de cette petite famille sclérosée et de ce parent alcoolisé qui voit dans une course virtuelle le moyen de regagner le cœur de ses proches ne produit absolument aucun effet.

On attend toujours mieux de Xavier Beauvois qui, depuis 2010, ne produit que des films mineurs. La Vallée des fousconfirme la volonté du réalisateur d’adopter un cheminement cinématographique différent. Il passe de la chronique sociale ou policière à des œuvres plus personnelles et familiales ; la preuve en est avec ce long-métrage où le cinéaste opère une variation stylistique qui ne convainc guère, peu aidé par un scénario pas assez éclatant. Celui-ci effleure des sous-thèmes intéressants, comme l’addiction, la solitude, la gestion du deuil, sans les approfondir. Il en va de même pour la caractérisation des personnages, bien trop effacés et sans réelle importance dans le récit, dont la seule activité semble être de regarder le voilier du jardin. Le dernier segment relance enfin l’intrigue, mais ce n’est pas suffisant pour convaincre.

La Vallée des fous, de Xavier Beauvois, avec Jean-Paul Rouve, Pierre Richard , en salles le 13 novembre 2024.

Note: 2/5

Laisser un commentaire