Valensole 1965: rencontre du troisième type

Valensole 1965 se penche sur l’une des plus mystérieuses observations d’extraterrestres survenue dans un village du sud de la France. Dominique Filhol, venu du documentaire, revient sur un dossier qui a passionné — et passionne encore — les amateurs d’ufologie.

Dominique Filhol s’est fait une spécialité des documentaires consacrés aux OVNIS (Le Bureau des OVNIS en 2021 et OVNIS : une affaire d’État en 2020). Pour son passage au long métrage de fiction, il choisit de raconter la rencontre de Valensole, au cours de laquelle un agriculteur, Maurice Masse, aperçoit une soucoupe volante au milieu de son champ de lavande et se retrouve face à des êtres venus d’ailleurs. Encore classé parmi les dossiers inexpliqués par le GEIPAN, ce cas célèbre continue d’intriguer les passionnés de paranormal. Il n’avait jusqu’ici jamais bénéficié d’un traitement cinématographique.

Alors qu’un tel récit méritait une transposition honnête et rigoureuse, Valensole 1965 se révèle d’un amateurisme confondant, pétri de défauts, et sérieusement alourdi par un manque criant de moyens. Dominique Filhol livre un non-film, sans scénario solide ni direction d’acteurs, et affublé d’effets spéciaux pour le moins approximatifs. Étrange tentative de science-fiction ou expérimentation maladroite digne d’une série B oubliable, Valensole 1965 souffre aussi d’un jeu d’acteurs très faible, plombé par des accents du Sud caricaturaux et une implication minimale. Matthias Van Khache et Vahina Giocante participent à un casting sans relief. L’écriture, quant à elle, fait l’impasse sur l’impact de l’affaire sur l’ufologie contemporaine et se contente de relater les faits comme une fiche Wikipédia.

Tourné avec un budget limité, le film ne parvient jamais à transformer cette contrainte en force. Le résultat est vide, presque consternant, et dénué de tout geste de cinéma. Seule subsiste une ambiance de village provençal, elle-même trop cliché, entre pastis, moustaches et dialogues bourrus que n’aurait pas reniés un mauvais pastiche de Pagnol. Rien ne sonne juste, pas même la présence des gendarmes d’époque. La mise en scène de Dominique Filhol, quasi inexistante, donne naissance — malgré lui — à un nanar estival raté, un objet filmique non identifié, indigne d’une sortie en salles. Le manque de moyens appelle certes à l’indulgence… mais ne suffit pas à l’excuser.

Valensole 1965, de Dominique Filhol, en salles le 9 juillet 2025.

Note:

0,5/5

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