Fils de: la politique, vue sous un angle satirique

Fils de de Carlos Abascal Peiro égratigne l’univers politique français, n’hésitant pas à en caricaturer les rouages et à moquer, avec un humour bien senti, les dessous des grandes manigances.

L’action débute une semaine après l’élection présidentielle. La France attend toujours son Premier ministre. Nino, jeune attaché parlementaire, est missionné pour convaincre son propre père, Lionel Perrin, d’accepter le poste tant convoité. Mais c’est sans compter sur les manœuvres perverses des adversaires politiques, bien décidés à tout tenter pour prendre le contrôle de Matignon.

Fils de n’est pas un thriller sur les coulisses impitoyables du pouvoir, mais plutôt une comédie satirique et burlesque, qui prend plaisir à désacraliser ce petit monde avide d’influence. Le film évoque, à peine voilément, les tergiversations récentes autour de la nomination du Premier ministre, avec une appétence marquée pour l’absurde, le rocambolesque et les situations grotesques. Il s’amuse à démystifier l’image policée des dirigeants en les transformant en personnages ridicules, pris dans un ballet de manipulations.

Le film choisit clairement d’en rire. Sur fond de cocktails et de petits fours, les protagonistes devisent de l’avenir du pays dans une ambiance décalée et fantasque. Avec une mise en scène nerveuse et un rythme effréné, Carlos Abascal Peiro orchestre une farce guignolesque savoureuse, une pantomime où les figures du pouvoir deviennent de simples pantins. Au cœur de cette mécanique, Nino agit en chef d’orchestre d’un simulacre de continuité républicaine.

François Cluzet, dans le rôle de Perrin, incarne un prétendant ambigu au poste, tandis que gravite autour de lui une galerie de personnages prêts à tout pour accéder à l’antichambre de l’Élysée. Le film atteint un vrai niveau d’humour grinçant, en plongeant ce microcosme dans un bain de manigances ridicules, reflet acide de l’ambition politique.

Du ministre de l’Intérieur aux autres postulants, le réalisateur met en scène un bal tragi-comique, un manège sarcastique qui résonne avec les incertitudes institutionnelles actuelles. Le montage, fluide et coupé au scalpel, donne au récit des allures de théâtre de boulevard, sans jamais tomber dans l’outrance. Certaines répliques, bien ciselées, viennent ponctuer une œuvre qui détonne dans un paysage cinématographique français souvent trop sérieux lorsqu’il s’agit de politique.

Fils de , de Carlos Abascal Peiro, en salles le 3 septembre 2025.

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