Critique- Nobody 2: pas des vacances pour tout le monde

Bob Odenkirk est de retour dans Nobody 2 dans la peau du personnage adepte de la castagne, dans une suite qui distribue les coups de poing, mais accumule les mauvais points.

Érigé en rival de John Wick, le héros de Nobody et désormais Nobody 2 reprend du service, toujours aussi affûté et violent, dans une nouvelle aventure située au cœur d’un parc d’attractions. Après avoir enchaîné les missions musclées, Harry emmène sa famille dans ce lieu de divertissement qu’il avait découvert enfant, aux côtés de son père. Mais les vacances tant attendues virent rapidement au cauchemar touristique, dans un endroit dirigé par des policiers corrompus, étroitement liés à la mafia.

Sur le plan scénaristique, Nobody 2 ne cherche pas à faire dans la finesse, préférant se contenter du strict minimum en matière d’intrigue. Il s’agit ici d’une forme de mini-repentance estivale pour le personnage incarné par Bob Odenkirk. Toutefois, la violence, inhérente à l’ADN de la saga, agit comme une décharge électrique, impulsive et incontrôlable. La soif de justice et l’appel de la bagarre sont plus forts que lui. Moins précautionneux qu’un John Wick, mais tout aussi électrisé qu’un Jason Statham sous tension, notre Nobody à la poigne dure est un savoureux mélange des deux, embarqué dans une nouvelle péripétie qui sent bon le divertissement décérébré.

Le réalisateur Timo Tjahjanto reprend exactement la même recette que dans le premier opus : une touche de folie, beaucoup de violence, et surtout une bonne dose de bourrinade assumée. À vrai dire, cette suite, bien que légèrement réjouissante, s’avère quelque peu inutile, flirtant constamment avec les codes de la série B.

Pensé pour devenir un blockbuster estival, Nobody 2 a de quoi remplir les salles, sans pour autant éveiller les pupilles cinéphiles. Bien que les scènes d’action soient correctement réalisées, le tape-à-l’œil assumé et la redondance des castagnes follement lourdingues finissent par plomber l’ambiance d’un long-métrage sans grande prétention, mais pas totalement raté. La saga possède au moins l’intention d’être un poil plus fluide que celle portée par Keanu Reeves, grâce à un ton moins mécanique et des affrontements un peu plus organiques.

Le scénario ne va pas chercher bien loin. Tout repose sur les épaules d’un héros qui défonce tout sur son passage, et c’est précisément là que le film tire son principal attrait. Un divertissement tout juste satisfaisant, sauvé par son côté décalé et des combats bien orchestrés qui valorisent la facette « Action Man » de Harry.

Nobody 2 est un pur produit de divertissement décervelé, qui n’a d’autre objectif que d’en mettre plein la vue. Idéal pour les spectateurs estivaux, il propulse son personnage principal dans une avalanche d’adrénaline, doux, dur et dingue, toujours avide de baston. Timo Tjahjanto respecte le cahier des charges et livre une suite qui, sans briller, parvient à se hisser au sommet d’une production américaine actuelle déjà bien pâle.

Techniquement, le film ne souffre d’aucune véritable faiblesse. C’est plutôt du côté de l’écriture qu’il pêche, avec une paresse assumée visant à débrancher le cerveau des spectateurs. En cela, Nobody 2 tient ses promesses, respecte les codes d’un film estival sans enjeu, et offre à Bob Odenkirk une nouvelle occasion de jouer les sauveurs enragés, presque tarantinesques. Better Call Hutch, pourrait-on dire.

Nobody 2, de Timo Tjahjanto, en salles le 13 aout 2025.

Note:

2,5/5

La bande-annonce:

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