Cette semaine, La 7ᵉ Bobine distribue les mauvais points — et un seul bon. Deux films qui nous ont laissés sur notre faim… et une redécouverte qui, elle, nous rappelle ce qu’est le vrai cinéma.

Météors, de Hubert Charuel
Après avoir été très remarqué grâce à Petit paysan, porté par Swann Arlaud, Hubert Charuel devait transformer l’essai. Or, Météors, qui suit un duo de jeunes adultes paumés, n’est qu’un ersatz presque copié-collé de La Vie rêvée des anges, sans âme ni véritable originalité.
La distribution, inégale, peine à sauver l’ensemble : Paul Kircher tire son épingle du jeu, mais Idir Azougli reste enfermé dans des rôles de « petit dur » qu’il surjoue malgré lui. Une déception, aggravée par une métaphore fantastico-écologique aussi lourde qu’inutile.

Berlinguer, la grande ambition, d’Andrea Segre
Andrea Segre s’attaque ici aux grandes heures du communisme italien, à travers la figure d’Enrico Berlinguer, désireux de s’affranchir de la tutelle soviétique. Un sujet passionnant sur le papier, mais le cinéaste se perd dans la longueur, les bavardages et les tractations politiques.
Si le film a le mérite d’être un précis d’histoire de l’Italie des années 1970 — notamment autour de l’assassinat d’Aldo Moro —, son traitement oscille entre le scolaire et le classicisme paresseux. Seul le scénario, minutieux dans sa chronologie des événements et des élections, retient un peu l’attention.

💫 Le coup de cœur : Gatsby le Magnifique, de Jack Clayton (1974)
Alors que Baz Luhrmann en a livré une version tapageuse et clinquante en 2013, revoir Gatsby le Magnifique de Jack Clayton rappelle toute la subtilité et la mélancolie du roman de Fitzgerald.
Robert Redford, impeccable en Jay Gatsby, incarne avec une retenue bouleversante ce rêveur condamné à aimer l’inaccessible Daisy (Mia Farrow, diaphane et troublante). Clayton signe une œuvre élégante, à la fois sobre et poignante, où le drame social se mêle à la poésie des illusions perdues.
Une mise en scène feutrée, une photographie dorée, et la musique de Nelson Riddle parachèvent ce classique — preuve qu’un film peut être grand sans être tapageur.
