Sorties cinéma: les coups de coeur et coups de griffe de la semaine

Retrouvez nos coups de coeur et coup de griffe pour les sorties cinéma de cette semaine:

Le coup de coeur:

La Voix de Hind Rajab, de Kaouther Ben Hania

Kaouther Ben Hania reprend avec La Voix de Hind Rajab le dispositif hybride de Les Filles d’Olfa pour raconter un fait réel bouleversant, symbole du conflit palestinien. Le film se déroule dans un centre d’appel du Croissant-Rouge où des employés reçoivent l’appel d’une fillette coincée dans une voiture sous les balles. La réalisatrice mêle fiction et réalité en intégrant la véritable voix de l’enfant, qui devient le cœur émotionnel du récit. Le film prend la forme d’un thriller sous tension, où chaque minute d’attente pèse lourd. Le minimalisme de la mise en scène, limitée à un seul lieu, renforce l’intensité. Les sons de la ligne, les hésitations, les silences créent une atmosphère anxiogène. La frontière entre reconstitution et réel se brouille pour offrir une immersion brute. Le film rend hommage aux victimes invisibles de la guerre. Il évoque l’enfance sacrifiée et la peur nue, sans démonstration. La Voix de Hind Rajab devient un cri que le monde n’a pas su entendre.

Les coups de griffe:

Vie privée, de Rebecca Zlotowski

Rebecca Zlotowski livre avec Vie privée une comédie qui peine à convaincre. Le film, conçu comme une œuvre chorale, manque de cohérence et d’intérêt. L’intrigue se présente comme un Cluedo psycho-comique, mais reste trop bancale pour fonctionner. Le ton oscille sans trouver son équilibre entre fantaisie et profondeur. Jodie Foster, invitée de prestige, tente de tirer son épingle du jeu. Son interprétation apporte une tenue et une présence qui manquent au reste du casting. Malgré ses efforts, elle ne parvient pas à sauver un récit qui tourne en rond. La mise en scène ne parvient pas à donner du rythme ou de la tension. Zlotowski, capable de films plus aboutis, signe ici un projet en demi-teinte. Vie privée reste un film mineur, loin de la mesure du talent de Foster.

L’Intermédiaire, de Davic McKenzie

Encore un film qui illustre les faiblesses récurrentes de certains scénarios américains. Riz Ahmed et Lily James se retrouvent plongés dans une intrigue d’espionnage où l’acteur incarne un intermédiaire naviguant dans des affaires troubles, façon négociateur de l’ombre. Le duo, pourtant solide, s’enlise dans une mise en scène trop classique, visiblement formatée pour les plateformes. Le récit manque de relief, ne creuse jamais ses enjeux et reste à la surface de ses personnages. Le film se contente d’enchaîner les scènes attendues sans véritable tension. Quant au dernier rebondissement, censé surprendre, il se devine longtemps à l’avance. Résultat : une œuvre convenue, sans audace, qui ne parvient jamais à exploiter le talent de ses interprètes.

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