Notre sélection de films à voir en VOD

Retrouvez chaque semaine notre sélection de films à voir en VOD, dont Valeur sentimentale, de Joachim Trier.

La Tour de glace, de Lucile Hadzihalilovic

Ours d’argent de la meilleure contribution artistique à la Berlinale, La Tour de glace propose une relecture sombre et gothique du conte de Hans Christian Andersen, à rebours de l’imaginaire Disney.
Lucile Hadzihalilovic situe son film sur le tournage d’une adaptation de La Reine des neiges, où la figure du conte devient une souveraine inquiétante.
L’intrigue suit Jeanne, une jeune orpheline interprétée par Clara Pacini, qui rejoint un plateau de cinéma et se rapproche de Cristina, actrice incarnée par Marion Cotillard.
Fascinée par cette figure charismatique, Jeanne devient figurante puis admiratrice, glissant progressivement dans un univers clos.
La mise en scène repose sur des plans fixes et une temporalité lente.
La photographie glacée transforme les décors en un espace austère et oppressant.
Le film privilégie le silence et la suggestion aux dialogues.
Des références au cinéma de Jean Cocteau traversent l’esthétique et les rapports entre les personnages.
La relation entre Jeanne et Cristina se construit dans l’ambiguïté et la fascination.
La Tour de glace s’impose comme une expérience sensorielle et troublante.

Valeur sentimentale, de Joachim Trier

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 2025, Valeur sentimentale marque une étape importante dans la filmographie de Joachim Trier.
Le film explore la relation distendue entre Agnès, actrice de théâtre, et son père Gustav, cinéaste renommé revenu après une longue absence.
Leur retrouvaille a lieu dans la maison familiale norvégienne, au cœur de discussions sur l’avenir du lieu.
Gustav propose à sa fille de tenir le rôle principal de son prochain film, ravivant blessures et non-dits.
Le récit s’attache aux tensions familiales et aux manques affectifs accumulés au fil des années.
L’action se concentre presque entièrement dans la maison, espace chargé de mémoire et de conflits.
Le film convoque des influences bergmaniennes dans sa manière d’aborder la filiation.
Joachim Trier y développe ses thèmes habituels : le temps qui passe, la nostalgie et l’absence.
La mise en scène accorde une place centrale aux lieux comme réceptacles d’émotions.
Valeur sentimentale propose une réflexion sur la transmission et la difficulté de réparer les liens.

The Things You Kill, de Alireza Khatami

Récompensé par le Prix du Jury et le Prix de la Critique au Festival Reims Polar 2025, The Things You Kill d’Alireza Khatami s’attaque frontalement au patriarcat.
Le film suit Ali, jeune professeur menant une vie modeste entre son travail universitaire et une terre qu’il cultive dans une vallée aride.
L’arrivée de Reza, qu’Ali embauche comme ouvrier agricole, fait ressurgir des souvenirs liés à un père autoritaire et violent.
Cette figure paternelle domine le récit comme un fantôme, symbole d’une masculinité toxique profondément enracinée.
Ali nourrit alors le projet de se libérer de cette emprise, avec l’aide de Reza.
La mise en scène repose sur des plans fixes et une rigueur formelle marquée.
Les décors austères et les paysages secs accentuent le sentiment d’oppression.
La violence est principalement psychologique, diffuse et constante.
Le film explore les effets des schémas familiaux toxiques sur les générations suivantes.
The Things You Kill glisse progressivement du polar vers un thriller centré sur la vengeance et la rupture des héritages patriarcaux.

L’Epreuve du feu, de Aurélien Peyre

Avec L’Épreuve du feu, Aurélien Peyre signe son premier long-métrage centré sur le corps, le désir et les fractures sociales.
Le film suit Hugo, jeune homme en pleine redécouverte de lui-même après une adolescence marquée par l’obésité.
Il entame une relation avec Queen, esthéticienne exubérante, éloignée des codes sociaux de son milieu.
Invités en vacances chez les amis bourgeois d’Hugo, les écarts de classe et de langage se creusent.
Le récit oppose Queen à Colombe, jeune femme discrète et socialement valorisée.
Hugo se retrouve pris entre une passion sincère et une séduction conforme aux normes de son entourage.
Le film interroge la construction du désir et le besoin de reconnaissance.
La mise en scène filme les corps avec attention, sans jugement ni caricature.
Un pari cruel orchestré par les amis d’Hugo fait basculer le récit.
L’Épreuve du feu questionne la possibilité d’aimer librement face aux injonctions sociales.

Fantôme utile, de Ratchapoom Boonbunchachoke

Fantôme utile de Ratchapoom Boonbunchachoke explore la mémoire des défunts et les liens persistants entre morts et vivants.
Le récit débute avec un jeune homme troublé par un aspirateur semblant habité par une présence.
Un narrateur mystérieux lui raconte l’histoire d’ouvriers morts à cause de la poussière industrielle.
March voit sa femme Nat mourir puis réapparaître, liée à un appareil ménager qu’elle possède.
Cette relation surnaturelle est rejetée par la famille, qui tente de la faire disparaître.
Sous une apparence burlesque, le film interroge le devoir de mémoire et le refus de l’oubli.
Le fantôme y est présenté comme une figure bienveillante ou vengeresse.
Le récit croise critique sociale et métaphore politique autour de l’invisibilisation des plus pauvres.
La mise en scène statique et contemplative brouille la frontière entre réel et surnaturel.
Fantôme utile associe fantastique, mémoire et satire sociale dans une parabole singulière.

Horizonte, de César Augusto Acevedo

Horizonte de César Augusto Acevedo s’inscrit dans la continuité spirituelle et formelle de La Terre et l’Ombre.
Le film suit Basilio, ancien combattant, évoluant entre le monde des morts et celui des vivants.
Son errance prend la forme d’un parcours de rédemption inspiré de la Bible, racontée à rebours.
Accompagné de sa mère Inès, il traverse cimetières, fermes abandonnées et paysages ravagés par la guerre.
Les souvenirs des massacres commis ressurgissent, souvent suggérés plutôt que montrés.
La mise en scène privilégie la lenteur, les plans larges et une dimension symbolique forte.
Chaque étape du récit renvoie à un épisode biblique, du Golgotha à la Résurrection.
La relation mère-fils devient le cœur émotionnel et moral du film.
Basilio est confronté à la confession, au sacrifice et au pardon.
Horizonte propose une parabole spirituelle sur la culpabilité, la foi et la possibilité de salut.

Miroir No.3, de Christian Petzold

Présenté à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes 2025, Miroir No.3 marque un nouveau chapitre du cinéma de Christian Petzold.
Le film s’intéresse au poids de l’absence et aux répercussions d’un décès au sein d’un noyau familial.
Laura, étudiante berlinoise, survit à un accident de voiture et est recueillie par Betty, qui vit près d’une route de campagne.
Elle passe quelques jours au sein de cette famille marquée par un drame silencieux.
Un mari et un fils, tous deux garagistes, évoluent dans un climat de retenue et de non-dits.
Le récit repose sur un dispositif narratif simple et épuré.
La mise en scène privilégie les silences, les plans fixes et une tension émotionnelle contenue.
La maison devient un espace chargé de souvenirs et de douleurs enfouies.
Le passé hante les personnages et structure leurs relations présentes.
Miroir No.3 explore la persistance des morts dans la mémoire des vivants.

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