Rue Málaga , Woman and Child: nos coups de coeur et coup de griffe de la semaine

Retrouvez nos coups de coeur et coup de griffe concernant les sorties du 25 février 2026, dont notre recommandation Rue Málaga .

Nos coups de coeur:

Rue Málaga , de Maryam Touzani

Dans Rue Málaga, Maryam Touzani poursuit son cinéma de l’intime en faisant du lieu un véritable socle identitaire. À Tanger, Maria Angeles, incarnée par Carmen Maura, refuse de vendre l’appartement où elle a construit sa vie, malgré la pression de sa fille venue de Madrid pour régler ses difficultés financières. À travers ce conflit générationnel discret, la réalisatrice interroge l’attachement aux espaces qui façonnent une existence et oppose l’enracinement à la logique pragmatique du déplacement. Tanger devient un personnage à part entière, vivant et chaleureux, tandis qu’une romance tardive avec un antiquaire rappelle que le désir ne connaît pas d’âge. Sans jamais juger ses personnages, Touzani filme les gestes du quotidien et les liens de voisinage comme autant de preuves d’appartenance. Œuvre douce et profondément habitée, le film suggère que quitter un lieu, pour certains, revient à perdre une part essentielle de soi.

Woman and Child, de Saeed Roustaee

Dans Woman and Child, Saeed Roustaee ne cherche pas le spectaculaire : il filme l’usure. L’usure d’une femme, Mahnaz, veuve, mère, constamment sommée de s’ajuster. Le conflit ne surgit pas d’un événement brutal, mais d’un système déjà en place, d’un ordre social qui réduit l’espace de liberté sans jamais élever la voix. Tout passe par des décisions prises faute d’alternative, par des silences, par des compromis qui grignotent peu à peu ce qu’il reste d’autonomie. La mise en scène, contrainte par la censure, fait de cette restriction une force : cadres serrés, corps contenus, tension sourde. Parinaz Izadyar joue sans éclats, laissant la colère affleurer plutôt qu’exploser, tandis que Sinan Mohebi incarne déjà la reproduction des codes de domination. Sans discours appuyé, le film impose une évidence : ici, survivre est déjà une forme de résistance.

Notre coup de griffe:

Le Son des Souvenirs, de Oliver Hermanus

Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, Le Son des souvenirs ressemble à une erreur de casting. Malgré Paul Mescal et Josh O’Connor, le film s’enferme dans une nostalgie musicale tiède, sans relief. La mise en scène est atone, comme si elle refusait d’assumer son propre mélodrame. On attend l’émotion, elle ne vient jamais. À force de retenue mal calibrée, le film paraît inachevé — ni vraiment intime, ni véritablement ample. Juste suspendu. Et creux.

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