Sauvons les meubles raconte les retrouvailles familiales dans les derniers instants de la vie d’une mère malade. L’occasion de faire le point sur une situation qui révèle son lot de mauvaises surprises pour Lucille et Paul, les enfants. Un film de Catherine Cosme sur l’honnêteté et la responsabilité.
Lucille (Vimala Pons), personnage principal de Sauvons les meubles, et Paul (Yoann Zimmer) retournent dans la maison familiale en Provence quand l’état de santé de leur mère (Guilaine Londez) se dégrade. Ils se rendent compte qu’elle va bientôt mourir, ce qu’elle n’a pas voulu leur dire. Le manque d’entretien de la maison et la situation financière précaire de leurs parents les interpellent. Ils décident alors d’éplucher les papiers laissés à l’abandon, le père étant dépassé.
Lucille découvre que sa mère a contracté de nombreux crédits tout au long de sa vie pour subvenir à ses besoins, maintenir son commerce à flot et faire bonne figure auprès de sa famille. Elle comprend ensuite que sa mère est allée encore plus loin et qu’elle-même risque de se retrouver avec un poids sur les épaules. Face à cette mauvaise surprise, le temps pour réagir lui est compté.
Lucille encaisse mal ces révélations synonymes de malhonnêteté. La colère monte, mais elle se heurte à autre chose, plus difficile à ignorer : ce besoin d’amour qui reste, malgré une relation mère-fille compliquée. Elle se retrouve face à un dilemme sentimental. Faut-il parler franchement maintenant, au risque de tout faire exploser, ou se taire et essayer de profiter des derniers moments ? Sauvons les meubles capte avec justesse cet entre-deux, ce moment fragile où l’on tente, un peu maladroitement, de réparer ce qui n’a jamais vraiment existé, tout étant dans l’attente d’explications.
A travers ce drame familial, Catherine Cosme expose une critique de plusieurs pouvoirs dans la société. Elle dénonce un système bancaire fourbe qui ne protège pas ses usagers en leur proposant une vie à crédit et pour qui seuls ses intérêts comptent. Le système judiciaire, représenté par cet huissier impitoyable, ne se soucie pas des sentiments des citoyens, y compris quand leur parent est sur son lit de mort. La police propose des solutions radicales dont le cap est dur à franchir moralement, sans beaucoup d’accompagnement.
Sauvons les meubles pose la question de la responsabilité des parents envers leurs enfants. En cas de dettes, ces derniers se retrouvent à devoir les assumer, voire à renoncer à leur héritage. Un terrible sentiment d’impuissance et d’injustice nait alors chez ces enfants, pénalisés par des décisions qui ne sont pas de leur ressort et dont ils n’ont parfois pas connaissance, comme dans le cas présent. Est-ce aux enfants d’assumer les erreurs de leur parents dans un système qui se prétend égalitaire et méritocratique ?
Dans son film, Catherine Cosme porte l’attention sur la fin de vie d’un parent, moment révélateur de la nature des relations familiales. Malgré la distance ou le manque de transparence, elle donne l’espoir que l’on peut se rattraper en partageant des instants de sincérité précieux. Ce passage constitue souvent un moment fort dans la vie de chaque famille.
Bande-annonce de Sauvons les meubles:
