Liane, une adolescente aspirant à devenir influenceuse, vit dans une précarité extrême à Fréjus. Elle partage un logement avec sa mère et sa petite sœur. Elle consacre ses journées à préparer son ascension sur les réseaux sociaux, en réalisant des vidéos en ligne et en utilisant du maquillage volé. Son Graal ? Être sélectionnée pour une télé-réalité afin d’accéder enfin à la vie de luxe qu’elle imagine.
Diamant brut, premier long métrage d’Agathe Riedinger, marque une étape décisive dans la carrière de la réalisatrice et scénariste française. Porté par Malou Khebizi, Diamant brut se distingue dans la sélection officielle du 77ᵉ Festival de Cannes..
Liane, plongée dans une pauvreté extrême et une dynamique familiale dysfonctionnelle avec une mère absente, se réfugie dans l’apparence. Entre maquillage outrancier et tenues provocantes pour son âge, elle construit une petite communauté sur les réseaux sociaux, s’éloignant toujours plus de la réalité. Obsédée par l’idée de participer à une télé-réalité, sa vie bascule lorsqu’une productrice lui propose un casting. Dès lors, elle ne vit qu’en attendant une réponse. Si elle est sélectionnée, c’est un départ de deux mois à Miami, mais ce rêve s’accompagne d’un dilemme déchirant : laisser derrière elle sa petite sœur, qu’elle sait vulnérable face à l’incompétence de leur mère.
Agathe Riedinger critique le mépris de classe, l’hypersexualisation des femmes, le sexisme et la culture du viol, ainsi que les valeurs conservatrices et consuméristes. Le film met aussi en lumière l’impact des réseaux sociaux, qui vendent des rêves à la jeunesse, et l’absence de soutien qui la laisse se faire influencer par TikTok, tandis que la télévision profite de cette vulnérabilité.
Le scénario repose sur un seul enjeu narratif : l’issue du casting pour participer à une émission de télé-réalité, un thème trop limité pour maintenir l’intérêt du spectateur sur 1h43. À cela s’ajoute la représentation d’une situation familiale difficile, avec deux filles laissées à l’abandon, l’aînée devant endosser le rôle de « petite maman ». La souffrance de Liane est palpable, mais de nombreuses questions demeurent sans réponse. Certaines intrigues secondaires restent inachevées, et le film peine à prendre des risques ou à adopter une direction clairement affirmée, parfois donnant l’impression de tourner en rond.
Au final, Diamant brut offre une réflexion poignante sur les dérives de notre société, entre la quête de célébrité virtuelle et la réalité d’une jeunesse en souffrance. Le film expose avec cruauté l’influence des réseaux sociaux, l’exploitation des plus vulnérables et l’illusion d’un monde où l’apparence prime sur tout. Si l’histoire manque parfois de profondeur, elle parvient néanmoins à provoquer une prise de conscience sur des sujets essentiels.
Diamant brut, de Agathe Riedinger, avec Malou Khebizi, en salle depuis le mercredi 20 novembre 2024.
3/5
