
Sam, 17 ans, préférerait passer le week-end avec ses amis, mais elle accepte de rejoindre son père Chris, dans la région des montagnes Catskills de l’Etat de New York. Un endroit paradisiaque où Matt, l’ami de toujours de Chris, est hélas également convié.
Présenté lors de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes 2024, Good One, premier long métrage de l’Américaine India Donaldson, s’aventure dans un terrain existentiel sans grande profondeur. Ce road movie introspectif met en scène Sam, une adolescente qui préfère passer du temps avec sa copine Jessy plutôt qu’avec son père. Celui-ci, accompagné d’un ami de la famille, Chris, décide de l’emmener pour une randonnée en montagne, au cœur de paysages américains enchanteurs. Mais si la nature sauvage et ses décors grandioses séduisent visuellement, ils sont le seul attrait notable de ce film qui s’enlise dans un récit sans consistance.
India Donaldson transforme la forêt en un huis clos où les tensions entre les personnages s’exacerbent, mais cette promesse dramatique est vite anéantie par des dialogues creux et des personnages sans relief. L’adolescente, spectatrice passive, assiste aux réflexions interminables de son père et de Chris, absorbés par leurs lamentations. L’occasion de questionner la masculinité toxique s’évapore, au profit d’une introspection familiale sans direction. Les protagonistes masculins, faiblement caractérisés, se laissent aller à des discours répétitifs sur leurs frustrations, sans progression ni intensité.
Le scénario, malheureusement aussi plat que les dialogues, se contente d’une exploration timide de la dynamique père-fille. À cela s’ajoute une mise en scène dépourvue d’audace et d’émotion, qui se perd dans des scènes contemplatives. Même la bande sonore ne parvient pas à insuffler une véritable énergie au film et accentue l’effet soporifique de l’ensemble.
Good One laisse le spectateur face à un vide narratif et émotionnel, en dépit de son cadre visuel saisissant. Ce qui aurait pu être un voyage initiatique puissant, à la fois poignant et introspectif, devient une randonnée sans éclat, privée de toute substance. En somme, un premier essai trop convenu qui peine à trouver sa voix.
Good One, de India Donaldson, avec Lily Collias, James Legros, Danny McCarthy, en salles le 13 novembre 2024.
Note : 1/5
