Colin, 14 ans, fait son entrée dans un nouveau collège et il flippe : comment s’en sortir quand, comme lui, on est bègue ? Sa rencontre avec Monsieur Devarseau, charismatique prof de français, va le pousser à affronter ses peurs et sortir de son isolement. Maintenant Colin a une bande de copains et un projet : monter sur scène pour jouer Cyrano devant toute l’école.
Après Sage-Homme, sorti en 2023, Jennifer Devoldère réunit José Garcia et Aure Atika dans un film abordant le thème du bégaiement, un handicap souvent méconnu mais particulièrement impactant.
Le Panache raconte l’histoire de Colin, un jeune homme bègue qui intègre une nouvelle classe. Sous l’impulsion de son professeur de français, incarné par José Garcia, il s’initie au théâtre, permettant à l’enseignant de prendre cet élève timide sous son aile. Fidèle à son style, Jennifer Devoldère reste dans la veine de la comédie sociale en choisissant un sujet nécessaire. Cependant, le film manque cruellement de souffle.
Le scénario s’appuie sur une trame très classique : un adolescent confronté à une particularité décide de se libérer à travers l’art dramatique. Une intrigue mille fois explorée, dont la redondance se fait ici sentir de manière flagrante. Si le film met en lumière les vertus du théâtre pour soulager les souffrances et surmonter les obstacles, il échoue à approfondir les enjeux psychologiques liés au bégaiement. Le message bienveillant, bien que louable, s’accompagne d’une écriture trop convenue, qui n’apporte ni innovation ni profondeur.
Le Panache aborde également les thématiques de la différence, qu’elle soit physique, sexuelle ou verbale. Pourtant, à bien des égards, le film ressemble à une pâle copie du Cercle des poètes disparus de Peter Weir : un enseignant aux méthodes atypiques dans un cadre scolaire rigide, soutenu par des élèves admiratifs. Colin, au centre de cette dynamique, aspire à incarner Cyrano comme Neil rêvait de jouer Le Songe d’une nuit d’été.
Malheureusement, malgré ses bonnes intentions, Le Panache échoue à donner vie à ses personnages, qui manquent cruellement de consistance. La bienveillance omniprésente, bien que bienvenue, ne compense pas l’absence d’un véritable traitement des problématiques liées au bégaiement, un trouble qui affecte pourtant profondément la qualité de vie et la santé mentale de ceux qui en souffrent.
En fin de compte, Le Panache se contente d’un traitement trop superficiel et édulcoré pour véritablement sensibiliser ou éveiller les consciences. Une œuvre qui, en choisissant de rester trop sage, rate l’occasion de marquer durablement les esprits.
Le Panache, de Jennifer Devoldère, avec José Garcia, Joachim Arseguel, Aère Atika, en salles le mercredi 20 novembre 2024
Note: 1,5/5
