La vie, en gros : gros plan sur l’adolescence

Mis en scène par la réalisatrice Tchèque, Kristina Dufková, d’après le roman autobiographique de Mikaël Ollivier. Prix du jury Contrechamp du festival International du film d’animation d’Annecy.

Ben est un adolescent en surpoids passionné de cuisine et chanteur dans un garage band. Sa rentrée scolaire est différente des précédentes car il constate les changements physiques de l’adolescence sur ses camarades qui ont grandi et embelli (en particulier Klara).

Filmées en stop motion, les marionnettes nous permettent de ressentir le poids du personnage principal et la maigreur de ses camarades. En revanche, dans ses rêves, représentés en dessins animés, Ben, bien que grossi à l’extrême, reste plat, son poids rendu visuellement moins palpable à l’écran.

Victime de harcèlement et étiqueté obèse par l’infirmière scolaire, Ben et ses parents commencent à s’inquiéter. La nutrition est d’ailleurs un sujet sensible dans la famille puisque le père est obèse, la grand-mère souhaite fournir une alimentation riche et grasse, tandis que la mère, vétérinaire, charge Ben de nourrir de vers leur singe anorexique – qui en réalité est végétarien – , et de veiller sur leur caméléon dont la myopie l’empêche de se nourrir à sa guise.

Ben est préoccupé mais il reste confiant et sa capacité d’autodérision lui permet de ne pas dramatiser. Cependant sa différence physique le gêne, d’autant plus qu’il s’éprend de Klara et commence à s’interroger sur la façon de lui plaire. C’est par amour qu’il entreprend son régime avant de comprendre que le « véritable régime c’est l’amour».

À cette dernière phrase du roman de Mikaël Ollivier, la réalisatrice clôture le film sur la question de l’acceptation de soi : « L’essentiel n’est pas à quoi l’on ressemble mais ce que l’on ressent ».

En salles le 12 février 2025.

Note : 4/5

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