Un parfait inconnu : portrait d’un chanteur folk légendaire

James Mangold revient au biopic musical, quelques années après avoir signé Walk the Line sur Johnny Cash. Dans Un parfait inconnu, une autre figure de la musique américaine est honorée : Bob Dylan, artiste de génie qui a révolutionné le folk. Une œuvre où la musique joue un rôle capital.

C’est en parfait inconnu que Bob Dylan atterrit à New York avec sa guitare. Celui qui va devenir une légende musicale y forge sa carrière en rencontrant d’autres esthètes du genre, comme Pete Seeger. Le film de James Mangold retrace brillamment le chemin pris par l’homme à la casquette, dont les accords et le talent vont attirer le regard des producteurs. Le scénario met l’accent sur la musique, le son de la guitare sèche et les paroles traduisant un esprit contestataire. Ainsi se dévoile l’imaginaire d’un Bob Dylan qui transpose en musique les errements d’une Amérique alors en pleine guerre froide. Biopic digne de ce nom, Un parfait inconnu renoue avec les racines du genre, loin des standards formatés, et fait honneur aux sonorités inoubliables tout en expliquant le travail stylistique du chanteur, alors indissolublement associé à Joan Baez. L’écriture suit le parcours, l’ascension et l’évolution d’un homme passionné par son art, qui a su transcender toute une génération. En cela, Mangold ne fait que tracer la route d’un visionnaire artistique, dans un film où il rend un hommage réussi aux chansons qui ont changé la face de tout un pan de l’histoire de la musique américaine.

Pionnier du folk, l’auteur de Mr. Tambourine Man et Blowin’ in the Wind est aussi quelqu’un d’une discrétion absolue, que l’écriture montre comme étant assez éloigné du star-system. Starifié mais solitaire, Bob Dylan incarne un esprit plein de contestations, qui a su s’imposer face aux producteurs désireux de le formater et mettre en avant sa propre conception stylistique. Presque en accord avec le temps du peace and love, il savait aussi se protéger de la célébrité et a donc construit sa carrière tout en restant hors du système. L’œuvre décrit une passion pour la guitare consumant une vie privée où il se montre peu prolixe. Elle Fanning interprète Susan, une petite amie qui voit en Joan Baez (Monica Barbaro) une rivale. Pourtant, l’idylle entre les deux légendes du folk ne se compose que de simples mélodies et de tournées dans des festivals locaux. Un parfait inconnu reste ainsi fidèle à celui qui fut plus prolifique sur le plan professionnel que sur le plan personnel, produisant 55 albums, dont le dernier date de 2023. Surtout, quel régal de réentendre des classiques, parfaitement chantés par Timothée Chalamet.

Un parfait inconnu, de James Mangold, en salles le 29 janvier 2025:

Note:

4/5

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