5 septembre : régie des années 70, prise d’otages et déontologie journalistique

5 septembre nous plonge dans les coulisses d’une grande chaîne de télévision américaine, ABC, lors de l’attentat du 5 septembre 1972, alors que les jeux battaient leur plein à Munich. Pour la toute première fois, ces olympiades sont retranscrites en direct.  

Dans une ambiance étouffante, où la sueur se mêle aux fumées de cigarettes, une équipe de journalistes d’ABC Sports tente de couvrir au mieux l’évènement. Avec les moyens que confèrent les équipements des années 1970, ils bricolent, improvisent, inventent, se consultent. Les plans se succèdent, rapides et précis, tout comme les décisions cruciales du producteur, Geoff (John Magaro), qui doivent être prises dans la seconde. 

En l’espace d’1h30 et dans le huis clos de la régie, tout y est : d’abord, le questionnement sur le direct ( montrer ou ne pas montrer aux 900 millions de téléspectateurs). Ensuite, l’histoire tragique de cette prise d’otage, où 11 athlètes Israéliens furent tués par le commando palestinien Septembre noir. Enfin, la gestion de la crise par l’Allemagne qui, dépassée par la situation et encore affectée par sa réputation drainée par la Seconde Guerre mondiale, n’a pourtant pas droit au faux pas. 

Actuellement dans la course pour remporter l’Oscar du meilleur scénario original, le genre du film semble évoluer avec la situation. Plus les enjeux sont grands, plus le suspens monte, plus le spectateur retient son souffle… jusqu’au point de bascule.

Un film à voir pour se souvenir, pour se questionner et pour comprendre l’envers du décor du métier de journaliste. 

5 septembre, de Tim Fehlbaum, en salles le 5 février 2025.

4/5

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