Pour son deuxième long-métrage, quatre ans après Mine de rien, Mathias Mlekuz retrouve Philippe Rebbot pour À bicyclette ! (Valois de la musique de film au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2024). Le cinéaste enfourche sa caméra et embarque dans un voyage aux allures de thérapie.
De l’Atlantique à la mer Noire, Mathias embarque son meilleur ami Philippe dans un road trip à bicyclette. Ensemble ils vont refaire le voyage que Youri, son fils, avait entrepris avant de disparaitre tragiquement. Une épopée qu’ils traverseront avec tendresse, humour et émotion.
Conçu en hommage à son fils Youri, décédé en 2022, À bicyclette ! puise dans le carnet de route du défunt pour bâtir une histoire à la fois intime et sportive, qui avance au gré des chemins, entre accélérations et pauses. Mlekuz retrouve son complice Philippe Rebbot, formant un duo attachant oscillant entre verve et retenue. Ensemble, ils prennent la route jusqu’à la Turquie, transformant leur périple en un hommage en mouvement. Mais si le réalisateur s’offre une catharsis à travers cette aventure, le film, lui, peine à convaincre. Des paysages rocheux aux plaines turques, la nature défile, les émotions aussi. Pourtant, le récit tourne en rond, plombé par de longues méditations sur le deuil, la mort et l’absence, qui finissent par alourdir le voyage.
À mi-chemin entre documentaire, comédie et drame, À bicyclette ! manque de rythme et de cohérence. Tout s’entremêle sans jamais trouver l’équilibre, et malgré l’énergie cabotine de Philippe Rebbot, le film ne parvient jamais à véritablement décoller. Prisonnier d’une mise en scène trop hésitante, il oscille maladroitement entre légèreté et gravité, sans jamais transcender son sujet.
Au final, À bicyclette ! semble avant tout une œuvre réparatrice pour Mathias Mlekuz, un exutoire personnel façonné comme un mausolée cinématographique en hommage à son fils. Filmé comme un road-movie baigné de lumière, ce voyage à vélo à travers l’Europe relève davantage de la quête intérieure que de l’expérience de cinéma. L’ombre de Youri plane sur chaque route empruntée, chaque sentier traversé, sans pour autant révéler pleinement qui il était ni ce qui l’animait. En dépit de sa sincérité, le film ne dépasse jamais le stade du pèlerinage nostalgique, alternant quelques moments de camaraderie sincère avec de longues digressions introspectives qui étouffent le souffle du récit.
Tout semble sonner faux, malgré la charge émotionnelle réelle qui le porte. Conçu presque en famille, avec la présence de Josef Mlekuz, l’autre fils du réalisateur, À bicyclette ! a le mérite de rappeler l’importance des liens qui nous unissent à nos proches. Mais il emprunte des chemins déjà largement explorés au cinéma. Si certains y verront un moyen d’apaiser une douleur, d’autres, trop familiers avec ce type d’épreuve, y percevront peut-être seulement un réveil brutal du manque.
À bicyclette !, de Mathias Mlekuz, en salles le 26 février 2025.
Note :
1,5/5
