Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan, nouveau long-métrage du cinéaste québécois Ken Scott, plonge dans les méandres des souvenirs de l’avocat et écrivain Roland Perez. Une fresque familiale rafraîchissante, presque sortie d’un autre temps.
Tiré du livre éponyme de Roland Perez, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, celui d’une époque où tout n’est qu’insouciance. Le film réalisé par Ken Scott est avant tout l’histoire d’un fils et d’une mère dévouée, au caractère typiquement méditerranéen. Le petit garçon, né avec un pied bot, voit son enfance marquée par l’incapacité à marcher et par tous les soins podologiques destinés à corriger son handicap. Enfermé dans l’appartement familial parisien, Roland écoute les chansons de Sylvie Vartan et apprend à lire au rythme des sonorités musicales. Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan n’est pas un film de fan centré sur la star française, mais plutôt le récit d’une relation exclusive et fusionnelle entre un enfant et sa mère, un lien d’amour que l’on voit si peu aujourd’hui.
Ken Scott livre une œuvre à mi-chemin entre la comédie et le drame, s’attelant à dépeindre toute l’essence d’une union forte et sentimentale, dominée par une figure maternelle aussi envahissante qu’attachante, le genre de mère possessive et bavarde que l’on retrouve souvent dans les communautés méditerranéennes. Leïla Bekhti, formidable dans cette composition, met toute son énergie à faire vivre ce personnage central, qui n’a d’yeux que pour son fils. Le cinéaste, sous le vernis du logement modeste, décrit avec une certaine tendresse l’importance de la mère dans la construction familiale et dans l’apprentissage de la vie. En réalité, tout n’est qu’une histoire de famille, une grande fresque qui relate la complexité des relations humaines tout en rendant hommage à ces visages maternels.
Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan reste inclassable, oscillant entre la comédie et le drame, symbolisé par les épreuves d’une vie, ses réussites et ses joies. Parfois larmoyant, il propose également une réflexion sur le sens de l’existence, l’altruisme, la capacité à vivre avec l’autre et une générosité débordante. Le parcours de Roland devient, à bien des égards, celui d’un enfant devenu adulte qui peine à se défaire de l’influence de sa mère, tout en conservant d’elle un souvenir indélébile. Marqueur d’une époque révolue, où les mères jouaient un rôle central dans l’éducation et l’épanouissement des enfants, le scénario met aussi à l’honneur la chanteuse Sylvie Vartan. Ses morceaux entraînants inondent le film, servant de fil conducteur à la chronologie familiale.
Mélange réussi entre le sourire et les larmes, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan brille aussi par sa reconstitution des années 1960 et 1970 : ses intérieurs vintage, ses décors extérieurs qui montrent le Paris de ces années-là. Dans une France alors en pleine expansion économique, Ken Scott illustre également l’essor de la période yéyé, dont l’une des figures emblématiques reste Sylvie Vartan, dont la présence ajoute une touche d’authenticité supplémentaire.
Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan, de Ken Scott, en salles le 19 mars 2025.
Note : 4/5
