Dans Promesse, Thomas Hug de Larauze revient sur l’existence de sa sœur, décédée en 2016. Un montage bouleversant, composé de vidéos, où il entretient les souvenirs vivaces d’une jumelle battante, accrochée à la vie.
Laurène, 22 ans, laisse derrière elle l’image d’une soif de vie débordante malgré la maladie, ainsi que des dizaines d’heures de vidéos qu’elle avait tournées pour partager son histoire. Personne n’a jamais vu ses images et ils s’étaient promis d’en faire un film avec son frère jumeau. Sur les traces de sa sœur, Thomas décide alors d’interroger sa mémoire, celle de sa famille et de réaliser sa promesse.
Thomas Hug de Larauze s’est lancé le défi de réaliser Promesse pour rendre hommage à Laurène, atteinte d’une leucémie et décédée des suites de complications après une greffe. Ces images familiales, intimes, le documentariste n’avait pas pu les regarder pendant deux ans, tant la douleur était vive. Neuf ans après le décès, son objectif de faire revivre celle qui est partie à 22 ans trouve une conclusion dans ce magnifique Promesse, un documentaire profondément touchant, traversé par une tristesse absolue. De l’apparition de la maladie à son issue tragique, Thomas documente le bref passage sur Terre d’une sœur fauchée par la fatalité, pleine de rêves et d’espoirs.
Le visage de Laurène s’imprime dans nos mémoires, au fur et à mesure que Promesse devient une sublime oraison funèbre, l’évocation d’une jeune femme proche de sa famille, aimante et courageuse face à l’adversité. Durant les années que couvre le film, tout y passe : l’annonce de la maladie, les rémissions, les difficultés liées à la greffe, puis l’inévitable. Les vidéos, patiemment montées pour ce format d’un peu plus de 90 minutes, dévoilent un long combat contre la souffrance, le portrait d’une sœur à la fois lumineuse et affaiblie, dont les expressions trahissent peu à peu le mal qui la ronge de l’intérieur.
Promesse est une œuvre posthume remarquable, un portrait à portée thérapeutique, destiné à entretenir la mémoire de la disparue. Pour cela, Thomas Hug de Larauze interroge ses parents, ses frères et sœurs, dans un dispositif proche du confessionnal. Chacun y livre sa perception de la présence — et de l’absence — de Laurène, aimée de tous. Des paroles forcément douloureuses à exprimer, qui ravivent les flammes d’une époque marquée par la perte.
Le documentaire dose subtilement les paroles et les images, dans une association sensible qui éclaire la nature des liens humains et ce qu’était l’essence même de l’âme de la défunte. Promesse montre la douleur, la leucémie, les complications, avec pudeur et sans effet de dramatisation excessive. Un film où rien n’est laissé de côté. Des émotions captées à l’apaisement familial retrouvé, l’œuvre-hommage s’articule avec justesse et impose une réflexion sur la manière de vivre le deuil et de supporter le manque. Les mots transmettent les sentiments avec justesse et pudeur, touchants parce qu’universels. Car le récit, intime, peut résonner chez chacun.
Thomas Hug de Larauze s’était fait une promesse. Il l’a tenue. L’accomplissement de ce film ne peut que glorifier la mémoire de Laurène.
Promesse, de Thomas Hug de Larauze, en salles le 23 avril 2025.
Note :
5/5
