Un Monde merveilleux : Blanche Gardin et les robots

Pour son premier long-métrage, Un Monde merveilleux, Giulio Callegari imagine une comédie aux accents burlesques, presque d’anticipation, où l’humanité doit cohabiter avec les systèmes robotiques.

Imaginez un monde où les robots jettent les ordures dans les poubelles, font le ménage, remplacent les humains dans les hôpitaux ou aident aux tâches ménagères quotidiennes… Un Monde merveilleux met tout cela en scène dans une œuvre futuriste qui se rapproche grandement de la réalité. L’heure n’est pas encore au remplacement total, mais l’intention de Giulio Callegari est bien de montrer ce que peut être une société où l’humanité doit composer avec des robots synonymes d’intelligence et de performance supérieure. Dans cet univers complètement robotisé, Max, une révolutionnaire non adepte de la technologie, décide de s’opposer à sa manière, avec sa fille, en kidnappant des robots pour les vendre ensuite. Suite à un plan raté, elle se retrouve flanquée de l’objet technologique qu’elle déteste le plus au monde.

Le cinéaste n’a nullement l’idée de faire un film de science-fiction provocateur. Il joue constamment sur le burlesque, en montrant ces robots en train de conduire, prodiguer des conseils avisés façon ChatGPT, et en fait des produits aux allures gaguesques, censés aider les humains dans la vie de tous les jours. En réalité, Un Monde merveilleux énumère les nombreux défauts d’un univers constitué d’une modernité haut de gamme, reléguant les compétences humaines au second plan, et surtout la disparition progressive de nos consciences au profit de concepts artificiels inventés de toutes pièces. Giulio Callegari s’amuse de ces situations futuristes avec une ironie légèrement mordante, tout en gardant une sous-intrigue préoccupante : la progression d’un monde presque entièrement automatisé.

Blanche Gardin, fidèle à elle-même, trouve un rôle sur mesure, avec ce personnage réactionnaire, anarchiste, un peu dilettante, ponctué de piques savoureuses. Parfaite pour ce genre de compositions, l’actrice-humoriste fait preuve du comique qu’on lui connaît et est bien servie par un scénario proche de sa personnalité et de ses envies cinématographiques. Le duo inattendu entre Max et un spécimen intelligent produit un effet sympathique.

Un message se glisse dans cette association antinomique : la crainte d’une dérive probable, alors que quelques pays commencent actuellement à se tourner de plus en plus vers une automatisation dans différents domaines. Un Monde merveilleux démontre combien cela est perfectible à bien des égards.

Le scénario, bien que pertinent, reste souvent dans une caricature inoffensive qui ne fait qu’égratigner ou effleurer le sujet, et la courte durée laisse finalement l’impression d’une œuvre qui aurait pu aller plus loin dans la critique acerbe. Un Monde merveilleux détonne quand même par son originalité, à défaut de véritables moyens et d’ambitions pleinement menées.

Un Monde merveilleux, de Giulio Callegari, en salles le 7 mai 2025.

Note :

3/5

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