7 jours : une facette de l’Iran, entre exil et défense des droits

Écrit par Mohammad Rasoulof, 7 jours retrace le destin d’une famille iranienne, dont la mère est tiraillée entre l’amour des siens et celui de son pays.

Dès les premières minutes, le film fait écho à la trajectoire du scénariste, réalisateur du bouleversant Les Graines du figuier sauvage. Exilé pour des raisons politiques, Rasoulof a fui l’Iran mais reste viscéralement attaché à son pays. À travers cette histoire d’exil et d’identité, il se raconte par le biais d’un personnage féminin, militante engagée contre le régime en place. Dans 7 jours, un père et ses enfants réfugiés à l’étranger attendent le retour temporaire de Myriam, la mère emprisonnée, libérée pour une semaine de congé exceptionnel. Très vite, une question centrale s’impose : fuir ou rester ?

Dans cette interrogation réside toute l’amertume et l’espérance du scénariste, qui explore le mécanisme complexe de la fuite, et les rouages intimes et politiques d’un dilemme crucial. Myriam, activiste investie dans la défense des droits humains, doit trancher, et répondre à un conflit intérieur : préserver sa famille ou rester fidèle à son engagement. Ce personnage nuancé incarne à la fois le déchirement du déracinement et le courage de ceux qui refusent de céder.

Ali Samadi Ahadi signe un long-métrage efficace, qui s’inscrit dans la lignée des films engagés iraniens. Il apporte une pierre supplémentaire à l’édifice de la mémoire collective et de la critique de la République islamique. La fuite, les retrouvailles, les hésitations sont filmées avec sobriété dans des décors montagneux et enneigés, soulignant la rudesse du parcours, la solitude des exilés, mais aussi la force des liens familiaux.

Mené à un rythme soutenu, 7 jours rend un hommage multiple : aux opposants, aux résistants, à ceux qui restent malgré tout, comme à ceux qui partent, souvent contraints. Si la mise en scène reste classique, l’essence même du récit suffit à susciter l’adhésion, tant le propos résonne avec les tensions contemporaines, en Iran comme ailleurs. Mohammad Rasoulof, en écrivant sur un sujet qui le touche au plus profond, convoque des thématiques universelles : l’identité, la mémoire, la place des femmes, et l’humanité face à l’oppression.

Alors que le cinéma iranien continue de briller à Cannes, avec le sacre récent de Jafar Panahi, 7 jours, bien que plus modeste, s’inscrit dans cette veine contestataire, aux côtés de Tatami de Zar Amir Ebrahimi. Réalisés dans des conditions parfois proches de la clandestinité, ces films témoignent du combat silencieux mené par une génération de cinéastes bâillonnés.

Il faut enfin saluer la prestation saisissante de Vishka Asayesh, dans le rôle principal. Son interprétation incarne la dignité et la complexité du combat féminin en Iran, pays où le statut des femmes reste l’un des enjeux majeurs. Myriam, nouveau visage de cette résistance, rejoint ainsi la longue lignée des héroïnes du cinéma iranien.

Entre suspense et vérité crue, 7 jours dresse un tableau limpide de la situation iranienne, à hauteur d’homme et de femme. Un film nécessaire, à la fois intime et politique.

7 jours, d’Ali Samadi Ahadi, en salles le 6 août 2025.

Note :

4/5

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