I Love Peru : le voyage introspectif de Raphaël Quenard

Désormais vedette du cinéma français, star de Yannick ou Chien de la casse, Raphaël Quenard se met en scène dans un documentaire à son image : halluciné et égocentrique.

Actif sur tous les fronts, qu’ils soient cinématographiques ou littéraires, Raphaël Quenard occupe le grand écran depuis quelques années. Doté d’un comportement atypique et d’un phrasé unique, entre gouaille populaire et impertinence savamment dosée, l’acteur se démarque. Avec I Love Peru, dans lequel il évoque sa vie et ses amours, Quenard signe une œuvre qui lui ressemble : déconcertante, souvent agaçante, entièrement centrée sur lui-même. Tout n’y est que mégalomanie et narcissisme.

Réalisé en collaboration avec Hugo David, un ami, I Love Peru n’a rien de véritablement filmique, si ce n’est de flatter l’ego d’un acteur qui semble déjà se considérer comme une star accomplie. Dès les premières images, l’ascension de Quenard est racontée à toute vitesse, révélant un caractère profondément autocentré. Le reste du film enchaîne les auto-compliments et les séquences d’une pseudo-introspection confuse, jusqu’à une séquence improbable glorifiant la chasse au condor, animal sacré au Pérou.

Résolument foutraque et sans réel intérêt, le film se déroule sans fil conducteur, laissant une impression d’autosatisfaction poussée à l’extrême. Il ne reste qu’un trip hallucinogène à la sauce Quenard : peu drôle, parfois gênant, souvent vide. Le titre I Love Peru semble d’ailleurs n’avoir aucun sens — sauf pour son créateur, qui y voit certainement une forme de jubilation artistique.

Pourtant bon acteur, Raphaël Quenard se transforme ici en caricature de lui-même, dans un film sans véritable fond, dont seuls deux ou trois plans aériens tirent leur épingle du jeu. Filmé à la truelle, sans inspiration ni structure, ce projet désincarné du duo amical ne fait que décrédibiliser l’image de l’acteur, qui s’enferme dans une posture de fanfaron vaguement lunaire. La principale erreur de I Love Peru est sans doute d’exister aussi tôt dans la carrière d’un comédien qui utilise ici le médium non pour se livrer, mais pour se glorifier.

I Love Peru, de Raphaël Quenard et Hugo David, en salles le 9 juillet 2025.

Note :

0,5/5

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