Le Rendez-vous de l’été : les tribulations d’une Française à Paris

Pour sa quatrième réalisation, Le Rendez-vous de l’été, Valentine Cadic s’empare de l’effervescence des Jeux olympiques à Paris pour en montrer l’envers du décor. Au lieu de filmer les exploits sportifs, la cinéaste suit les pérégrinations de Blandine, une jeune provinciale plongée malgré elle au cœur d’une capitale en pleine effervescence.

Blandine, professeure de piano et fervente admiratrice de la nageuse Beryl Gastaldello, arrive à Paris munie de son billet pour les compétitions de natation. Sa joie est de courte durée : les épreuves sont annulées en raison de la mauvaise qualité de l’eau de la Seine. Désabusée, elle se rend chez sa demi-sœur, qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Cette visite imprévue devient l’occasion de nouer des liens dans un environnement bouillonnant. Valentine Cadic exploite le thème des Jeux pour raconter le destin des déçus, ceux qui voient leurs plans brisés au moment où la ville vibre au rythme des médailles et des flots de spectateurs.

Dans le rôle titre, Blandine Madec incarne une trentenaire timide, provinciale, dont la maladresse tranche avec le cliché de la Parisienne sûre d’elle. Sa démarche hésitante et son parler réservé la jettent au cœur d’une capitale touristique bouillonnante de sport et de convivialité. Le Rendez-vous de l’été n’est pas un grand récit de rivalité sportive ; c’est plutôt la chronique de ses tribulations et de ses rencontres, loin des stades. À travers les nuits parisiennes, les lieux de compétition désaffectés, les parcs et les quartiers populaires, le film se déploie en une sorte de carte postale douce-amère des attraits de la ville.

Le film a le mérite de ne pas glorifier les Jeux olympiques : on y décèle une critique discrète des méthodes employées pour organiser l’événement, la présence d’un militant anti-JO et l’apparition furtive d’une demi-sœur (interprétée par India Haïr), symbole de ceux dont les préoccupations divergent totalement de l’euphorie générale. Qu’on l’entende comme un pamphlet anti-olympique ou comme le portrait d’une fan désenchantée, le long métrage repose sur peu d’éléments scénaristiques et propose très peu d’effets cinématographiques marquants. La mise en scène, volontairement sobre et proche du format documentaire, manque parfois d’ampleur. Seul le personnage principal, tour à tour touchant et drôle dans sa gaucherie, retient vraiment l’attention.

Finalement, le principal défaut du film tient à la minceur de son scénario, qui oscille sans cesse entre une critique timide des Jeux et l’exaltation déçue d’une spectatrice fervente.

Le Rendez-vous de l’été, de Valentine Cadic, en salles le 11 juin 2025.

Note :

2,5/5

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