Les Orphelins: un film d’action en roue libre

Après Gtmax, production Netflix aussi vite oubliée que visionnée, le cascadeur devenu réalisateur Olivier Schneider revient avec Les Orphelins, un film d’action produit par Gaumont et porté par l’inévitable Alban Lenoir. Avec près de 20 millions d’euros de budget, le projet entend rivaliser avec les standards américains. Mais malgré l’argent investi, le résultat touche les bas-fonds du genre.

Le budget, visiblement englouti dans les cascades et les explosions, semble avoir laissé les pages du scénario à sec. L’intrigue, simpliste au possible, frôle parfois l’indigence : Leïla, 17 ans, perd sa mère dans un accident de voiture causé par un chauffard lancé à toute vitesse. Animée par un désir de vengeance, elle se lance à sa recherche, épaulée par deux compagnons de route, avant de se retrouver traquée par une entreprise puissante bien décidée à étouffer l’affaire.

Coécrit à quatre mains, le scénario multiplie les clichés usés : le fils drogué, la mère richissime déconnectée, la villa clinquante, et une armée de sbires prêts à tuer sans poser de questions. Olivier Schneider, plus préoccupé par la mise en scène de ses cascades que par son récit, délaisse toute tentative de profondeur. L’écriture est simpliste, amateuriste, digne des productions de plateforme les plus calibrées.

Alban Lenoir promène son allure d’Action Man aux côtés de Dali Benssalah, dans un duo de gros bras façon Expendables. Schneider, fidèle à son passé de cascadeur, multiplie les acrobaties invraisemblables : Dali Benssalah vole entre deux voitures, les explosions tonnent à tout-va, les courses-poursuites s’enchaînent à un rythme effréné. Tout cela est bien exécuté, mais terriblement creux. Le film ressemble plus à une série B survitaminée qu’à une œuvre de cinéma pensée pour la salle.

La Gaumont ne lésine pas sur les moyens, mais cela ne suffit pas à éviter le naufrage. Les personnages sont sous-écrits, la psychologie absente, les dialogues d’un vide consternant. Dans cet ensemble bruyant et désincarné surnage à peine Anouk Grinberg, dont la présence intrigue, mais qui se retrouve reléguée à un rôle sans consistance.

Avec Les Orphelins, Gaumont tente de surfer sur la vague du film d’action à la française. Mais à force de singer les blockbusters sans en comprendre l’essence, la maison de production livre un spectacle formaté, dénué d’âme, plus destiné au streaming qu’aux salles obscures.

Les Orphelins, d’Olivier Schneider, en salles le 20 août 2025.

Note:

0,5/5

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