Aux jours qui viennent: l’horreur de l’emprise masculine

Premier long-métrage de Nathalie Najem, Aux jours qui viennent met en scène Bastien Bouillon, Zita Hanrot et Alexia Chardard dans un triangle oppressant, traversé par la question de la masculinité toxique.

Laura, la trentaine, est une artiste qui tente de joindre les deux bouts après une relation difficile avec Joachim, un homme sans repères, pris dans l’engrenage de la drogue. Celle qui sait sculpter voit son quotidien bouleversé par un accident impliquant la nouvelle compagne de son ex, elle-même sous l’emprise de cet homme. Dans Aux jours qui viennent, Nathalie Najem déploie une mise en scène sombre où trois femmes tentent d’échapper à la toxicité d’un adulte héroïnomane. Le film déroule un trio qui se déchire sous les effets de la dépendance, orchestrée par un homme possessif et paranoïaque.

Sous des atours de thriller, le film captive rapidement par sa capacité à dépeindre les traits angoissants d’un Joachim à la violence explosive, à la jalousie maladive, figure emblématique de l’emprise masculine déviante. Najem y expose des dérives comportementales et propose une variation actuelle sur le combat contre les féminicides. Le personnage incarné par Bastien Bouillon évite le cliché : il s’ancre dans une réalité inquiétante et tristement fréquente. Si ce type de sujet revient de plus en plus à l’écran, ici, il est traité de façon frontale. Les victimes sont décrites comme des combattantes, des survivantes. Dans ce duel psychologique, la figure masculine est écornée, tandis que les postures héroïques se dessinent progressivement.

Nathalie Najem filme ce combat avec une intensité glaçante, n’hésitant pas à insister sur les aspects les plus sombres d’un Joachim qui inspire la peur, par son allure, son comportement troublant et son impulsivité prête à exploser. Drogué à la cocaïne, le personnage force parfois le trait, mais devient le symbole d’une rage masculine incontrôlée face à une supposée faiblesse féminine. Aux jours qui viennent livre ainsi le témoignage poignant d’un monde féminin traversé par la peur, avec au centre une petite fille, témoin silencieuse d’un affrontement psychologique violent.

Entre la caractérisation poussée de Joachim et la ténacité de ses victimes, le film raconte un vécu. Il emprunte les codes d’un thriller étouffant, bien mené, qui gère le suspense à chaque plan et entraîne le spectateur dans la spirale de la paranoïa et de la violence. Le sujet, pourtant classique, se trouve renforcé par la prestation impressionnante de Bastien Bouillon : son regard, ses gestes, son allure malsaine nourrissent l’antipathie que suscite son personnage.

Aux jours qui viennent peut être mis en parallèle avec La Nuit du 12, tant par sa capacité à montrer des figures masculines inquiétantes que par la représentation de femmes toujours victimes. Plus qu’un récit de manipulation, c’est un rouleau compresseur sombre que filme ici Nathalie Najem, maintenant une tension constante, où le spectateur choisit rapidement son camp : celui du bien face à celui du mal.

Aux jours qui viennent, de Nathalie Najem, en salles le 23 juillet 2025.

Note:

5/5

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