La France enverra Un simple accident de Jafar Panahi aux Oscars

La France a choisi Un simple accident du cinéaste iranien Jafar Panahi comme candidat officiel à l’Oscar du meilleur film international lors de la 98e cérémonie des Academy Awards. Le film, Palme d’or au dernier Festival de Cannes sous la présidence de Juliette Binoche, est une coproduction franco-iranienne soutenue par le CNC via l’Aide aux Cinémas du Monde et par Les Films Pelléas.

Tourné dans des conditions difficiles, le long métrage met en scène Vahid Mubasseri dans le rôle d’un ancien prisonnier persuadé d’avoir retrouvé l’homme qui l’a torturé. Décidé à se venger, il enlève celui qu’il croit coupable et commence à l’enterrer vivant dans le désert. Mais le doute s’installe : est-il sûr d’avoir identifié le bon homme ? L’histoire prend un nouveau tournant lorsqu’il sollicite l’aide d’une photographe de mariage, interprétée par Maryam Adshari, pour confirmer l’identité de sa victime présumée.

Le choix de Un simple accident marque un geste politique autant que cinématographique. Empêché de travailler librement dans son pays en raison de ses prises de position publiques contre la République islamique, Panahi n’aurait pu être sélectionné par l’Iran. La voie française lui permet donc de concourir aux Oscars, dans la lignée de son ami Mohammad Rasoulof, qui avait représenté l’Allemagne l’an dernier avec Les Graines du figuier sauvage.

Le comité de sélection, présidé par le critique Charles Tesson, rassemblait notamment Audrey Diwan, Clémence Poésy, Florian Zeller et Sylvie Pialat. Face à Panahi figuraient plusieurs projets remarqués, dont Arco d’Ugo Bienvenu, La Petite dernière de Hafsia Herzi, Nouvelle Vague de Richard Linklater et Vie privée de Rebecca Zlotowski avec Jodie Foster.

Distribué par Memento en France le 1er octobre et par Neon aux États-Unis dès le 15 octobre, le film poursuit son parcours festivalier à San Sebastian et New York après Locarno, Sydney et Toronto. À l’international, les ventes sont gérées par mk2 Films.

La dernière victoire française dans la catégorie du meilleur film international remonte à Indochine de Régis Wargnier en 1993. Depuis, seuls Les Misérables de Ladj Ly (2020) ou Saint Omer d’Alice Diop (2023) avaient atteint la nomination ou la présélection.

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