Muganga, celui qui soigne: un combat pour les femmes congolaises

Muganga, celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux, retrace la lutte de Denis Mukwege contre les violences faites aux femmes en République Démocratique du Congo. Une œuvre nécessaire.

Médecin congolais et futur prix Nobel de la paix, Denis Mukwege officie dans une clinique où il soigne les femmes victimes de violences sexuelles. À ses côtés, un médecin européen l’assiste dans ce combat titanesque, mené dans un pays ravagé par la guerre. Isaach de Bankolé prête sa prestance et son charisme à un personnage habité par la passion de la médecine et animé par le désir de rendre justice aux femmes violentées.

Marie-Hélène Roux donne peu d’éléments contextuels, mais tout se devine aisément : la condition des femmes au Congo, soumises à la loi des hommes, transparaît dans chaque scène. Dans son hospice, les témoignages se succèdent, les corps meurtris défilent, et Muganga, celui qui soigne raconte une histoire édifiante : celle de la destruction des droits des femmes, et d’un homme qui, envers et contre tout, s’élève face à un système dominant et oppressant.

Sur le plan de la mise en scène, la cinéaste française n’élude rien. Elle ose montrer les dégâts laissés par les sévices et les visages marqués par la douleur. Au centre, Denis Mukwege apparaît comme une figure masculine profondément humaine, entièrement dévouée à la santé de ses patientes. Filmé comme un combat — sans artifices, mais avec une tension psychologique constante —, ce récit frappe par sa lucidité et colle tristement à la réalité vécue par des milliers de Congolaises.

La narration obéit à une structure simple, presque classique, mais monte en intensité : à mesure que la violence se fait plus présente, la dénonciation s’aiguise. Muganga, celui qui soigne n’évoque pas seulement le parcours de Mukwege ; il dresse aussi une série de portraits de femmes, autant de récits de souffrance qui révèlent l’ampleur de la cruauté. Récompensé au dernier Festival du Film Francophone d’Angoulême, le long-métrage met en lumière une personnalité pionnière : Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », prix Nobel de la paix en 2018.

Muganga, celui qui soigne, de Marie-Hélène Roux, en salles le 24 septembre 2025.

Note:

4/5

Laisser un commentaire