Nos coups de coeur et nos coups de griffe de cette semaine

Chaque semaine, La 7ᵉ Bobine passe en revue les sorties en salles pour séparer le grain de l’ivraie. Entre coups de cœur incontournables et déceptions à oublier, notre sélection vous guide dans la jungle cinématographique.


✨ Coups de coeur

Un simple accident – Jafar Panahi
Palme d’Or du Festival de Cannes 2025, le nouveau film de Panahi, tourné dans la clandestinité, est une parabole politique puissante. Sous l’apparence d’un récit simple – un accident qui réunit un bourreau et ses victimes – le cinéaste interroge vengeance, justice et mémoire collective. Minimaliste, tendu et d’une limpidité rare, ce thriller social confirme la maîtrise d’un auteur qui transforme chaque contrainte en force créatrice. Une Palme méritée et un rendez-vous immanquable.

Cervantès avant Don Quichotte – Alejandro Amenábar
Après Lettre à Franco, Amenábar signe un retour magistral au film historique. En retraçant la captivité de Miguel de Cervantès à Alger après la bataille de Lépante, il mêle souffle d’aventure, précision historique et réflexion sur la condition humaine. Visuellement somptueux, le film brille par ses décors arabo-andalous, ses costumes raffinés et une tension dramatique marquée par les tentatives d’évasion et la relation ambiguë avec le geôlier Hasan Pacha. Un récit captivant qui redonne toute son ampleur à l’auteur de Don Quichotte.


🌑 Coups de griffe

Moi qui t’aimais – Diane Kurys
La réalisatrice de Diabolo menthe ne réussit pas à convaincre avec cette représentation terne de la vie du couple Montand. Marina Foïs s’en sort honorablement dans la peau de Simone Signoret, mais Roschdy Zem, trop occupé à singer Yves Montand par des mimiques appuyées, finit par agacer. L’alchimie manque cruellement, et le scénario, convenu, déroule un « je t’aime moi non plus » sans relief ni véritable révélation. Résultat : un biopic plus fade qu’éclairant.

La Mort n’existe pas – long-métrage d’animation québécois
Présenté à Cannes puis à Annecy, ce film d’animation échoue à séduire. Son ambition est grande – mêler militantisme, clivage sociaux et quête de rédemption – mais l’ensemble se perd dans une confusion thématique. Visuellement, l’avalanche de couleurs tape-à-l’œil, oscillant entre grisâtres ternes et excès verdoyants-dorés, lasse plus qu’elle n’éblouit. La réflexion philosophique, intéressante sur le papier, devient vite trop pesante pour éviter l’ennui.

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