Retrouvez dans cette rubrique VOD les choix de la rédaction:

Avignon, de Johann Dionnet
Grand Prix du Festival de l’Alpe d’Huez 2025, Avignon de Johann Dionnet est une comédie ensoleillée qui rend hommage au théâtre et à ses passionnés. Le film suit Stéphane, comédien de boulevard, venu jouer au Festival d’Avignon où il retrouve Fanny, une actrice qu’il admire en secret.
Entre représentations improvisées, tracts distribués et amours contrariés, Avignon capte avec humour l’effervescence de la Cité des Papes. Dionnet signe une comédie romantique pleine de charme, où la légèreté du boulevard côtoie la rigueur du théâtre classique.
Drôle, sincère et bien rythmé, le film célèbre le pouvoir fédérateur de la scène et la beauté de l’imperfection. Porté par une distribution enthousiaste, Avignon respire la chaleur humaine et la joie du jeu collectif.

Life of Chuck, de Mike Flanagan
Avec Life of Chuck, Mike Flanagan adapte une nouvelle méconnue de Stephen King et signe un film d’une beauté rare. Loin de l’horreur traditionnelle, il explore ici la fin du monde comme une métaphore de la vie elle-même.
Dans un univers en décomposition, un couple fait face à des phénomènes étranges tandis qu’un homme, Charles Krantz (Tom Hiddleston), devient l’emblème d’une humanité sur le point de disparaître.
Flanagan mêle mystère, émotion et philosophie dans une mise en scène lumineuse et élégante. Chaque plan respire la mélancolie et la douceur du souvenir.
Life of Chuck s’impose comme une œuvre humaniste et spirituelle, rappelant que la beauté persiste, même au seuil du néant.

Dragons, de Dean DeBlois
Avec Dragons, Dean DeBlois transpose en prises de vue réelles sa propre trilogie d’animation signée DreamWorks, offrant à Universal un remake spectaculaire et fidèle à l’esprit d’origine.
On y retrouve Harold, jeune viking moqué, qui défie la tradition en apprivoisant Krokmou, un dragon aussi redoutable qu’attachant. Leur amitié redonne vie à la légende de Beurk dans un film mêlant aventure, émotion et humour.
Visuellement impressionnant, Dragons marie habilement effets spéciaux et images réelles, sans perdre la magie du dessin animé.
Si le scénario reste classique, la mise en scène énergique et le souffle épique de l’ensemble en font une réussite sincère et généreuse, bien plus inspirée que les récentes adaptations Disney.

Kneecap, de Rich Peppiatt
Avec Kneecap, Rich Peppiatt signe un film explosif et politique sur trois jeunes rappeurs de Belfast qui défendent la langue gaélique à coups de beats et de provocations.
Dans leurs propres rôles, Mo Chara, DJ Próvaí et Móglaí Bap incarnent une jeunesse rebelle, drôle et furieuse, décidée à faire du rap un acte de résistance culturelle.
Tourné comme un trip halluciné, entre humour noir et énergie punk, Kneecap revendique la liberté de ton et la fierté d’une identité marginalisée.
Sous ses airs de comédie sous acide, le film interroge la place de la langue et de la culture dans une Irlande encore fracturée.
Foutraque, radical et furieusement vivant, Kneecap dégage une puissance rare : celle de la révolte mise en rythme.

Loveable, de Lilja Ingolfsdottir
Récompensé par le Grand Prix du Jury au Festival des Arcs, Loveable signe les débuts saisissants de la Norvégienne Lilja Ingolfsdottir, qui livre un drame conjugal d’un réalisme glaçant.
À travers le personnage de Marie, mère épuisée et femme désarmée, le film explore la lente érosion du couple et l’usure du quotidien. Helga Guren incarne avec une justesse troublante cette femme au bord de la rupture.
Filmé avec une précision quasi clinique, Loveable dissèque les non-dits, les silences et la solitude au sein du foyer.
Froid et lucide, parfois déchirant, le film interroge la capacité à aimer encore quand tout s’effondre. Une œuvre rude mais profondément humaine, qui révèle une cinéaste à suivre.
