Remarqué avec Grand Paris, Martin Jauvat se remet en scène, avec Baise-en-ville, dans une péripétie comique et burlesque, toujours au coeur de la grande banlieue parisienne. Un film qui sonne comme une bouffée d’air frais dans un flot de comédies formatées.
Martin Jauvat aime s’amuser des banliesards. Baise-en ville lui fait endosser le personnage, maladroit ou gauche, d’un jeune homme sans ambitions, embauchées dans une société de nettoyage de fetes endiablées. Sans permis, travaillant de nuit, il trouve un subterfuge pour allier praticité des transports et travail, en se creant un profil sur un site de rencontres amoureuses. Ainsi les va et vients aventuresques, au coeur de la banlieue, munie de la fameuse sacoche dite Baise-en-ville.
Loin des formes de lourdeurs de certaines comédies à la francaise, ce long-métrage associe l’originalité à l’interprétation burlesque de Jauvat qui traine sa dégaine juvénile et quelque peu hilarante dans les villes franciliennes. Toute la structure de Baise-en-ville repose sur un décalage clairement assumé, une galerie de personnages fantasques, un univers bricolé de manière drole qui permet de voir L’Ile-de-France sous un autre angle, région qui se trouve etre un materiau pour Martin Jauvat depuis Grand Paris.
Structurellement, tout ressemble presque à un film d’autodidcacte, scénarisé de maniere inventive, et mis en scène avec autant de dynamisme que de couleur. Ce qui emporte l’adhésion, c’est la sauce Buster Keaton ou Harold Lloyd des temps modernes embarqué dans des péripéties droles en grande couronne, à la rencontre d’une galerie de personnages décalés, avec en prime l’allure de l’homme avec son baise-en-ville, objet présenté comme l’archetype meme de la séduction et de la sexualité.
Le rire se place toujours au bon moment, le comique de situation s’enclenche délicatement, et le coté frais et vivace finit par convaincre, dans ce film résolument d’ambiance qui emmène, au gré des trains, dans les profondeurs d’une banlieue décrite comme un vivier à rencontres. Baise-en-ville ecorne meme l’image stereotypée de la banlieue parisienne morne, coincée dans le métro-boulot-dodo. Jauvat trouve son inspiration dans ces coins, en y présentant un reflet différents et loin d’etre contrastée.
La bande-annonce:
