Les Dimanches explore la naissance précoce de la foi chez une jeune fille prête à prendre le voile. Un film intelligent et mesuré, qui capte l’appel de la religion lorsqu’elle s’impose au cœur des discussions familiales.
Le film raconte l’éveil spirituel d’Ainara, jeune lycéenne désireuse d’adopter le confort austère, silencieux et spartiate d’un couvent, et de consacrer son âme à un Dieu qu’elle vénère avec ferveur. La réalisatrice Alauda Ruiz de Azúa se concentre sur une période charnière de l’existence, où l’individu se cherche et se construit, personnellement autant que religieusement. Son long métrage adopte un point de vue subtil et interrogatif sur les débuts de la foi, sans jamais s’attarder sur les mécanismes précis du discernement. Toute la structure scénaristique repose sur un véritable choix : le vœu de donner son corps et son âme à Dieu, et de dédier son existence à une croyance spirituelle. Les Dimanches séduit ainsi par son désir de raconter l’esquisse d’une future religieuse et par son questionnement sur les raisons profondes d’une décision réfléchie et mesurée.
La jeune actrice Blanca Soroa incarne une Ainara d’une grande justesse, prête à suivre les préceptes religieux et à adopter un quotidien fait de silences et de prières. Dans un style presque rohmerien, Ruiz de Azúa déploie une mise en scène précise et minimaliste, où les décors servent d’écrins pour révéler les motivations de l’adolescente et exposer les tiraillements d’une famille divisée. Un père plutôt tolérant fait face à une tante, Maïté, farouchement opposée à la religion catholique : le cocon familial dessine alors les contours d’une société coincée entre la liberté de choisir son culte et le désir de se conformer à des normes sociales établies.
Si certaines scènes de désaccord, de réconciliation ou de malentendus peuvent paraître attendues, elles nourrissent néanmoins une réflexion pertinente sur la précocité de la foi chrétienne, les failles intimes qui peuvent en être à l’origine, et les bouleversements profonds liés à l’entrée dans les ordres à un si jeune âge.
Les Dimanches tisse ainsi sa narration autour de l’importance de la spiritualité, de ses conséquences, et d’une société contemporaine peu encline à embrasser un fait religieux assumé. Ainara s’érige au centre de cette réflexion, figure d’une quête de sens dominée par la nécessité de croire en quelque chose. La cinéaste ibérique fait de son héroïne le symbole d’une recherche spirituelle sincère, portée par une mise en scène qui privilégie les mots, les dialogues et les silences, pour se rapprocher d’une vérité intérieure jamais imposée, toujours interrogée.
La bande-annonce:
