Metteur en scène d’opéra à la base, Damiano Michieletto transmet sa passion de la musique classique avec Vivaldi et moi, comme un écho aux Quatre Saisons. Un récit qui se concentre sur l’une des parties les plus connues de l’existence du compositeur italien.
L’intégralité de la vie de Antonio Vivaldi reste méconnue, les biographes n’ayant pu en retracer tous les contours. Parmi les éléments avérés figure son implication dans l’enseignement musical au sein d’une institution religieuse recueillant de jeunes orphelines. C’est précisément cela que Vivaldi et moi raconte : ses années passées à transmettre l’apprentissage du violon à de jeunes filles.
Michieletto propose ainsi un semi-biopic qui relate, de manière libre et romancée, ces années d’enseignement auprès de musiciennes en devenir. Face au génie de Vivaldi se déploie la candeur et la pureté artistique de Cecilia (Tecla Insolia), jeune femme en quête d’elle-même, cherchant des réponses existentielles à un passé marqué par l’abandon. La conjonction de ces deux trajectoires s’articule avec élégance, offrant une vision romancée d’une vie cloîtrée entre quatre murs, où la musique devient l’unique échappatoire.
Le récit nous plonge dans les eaux vénitiennes, au cœur de l’Ospedale della Pietà et de son fonctionnement à la fois religieux et musical, où les ducats servent aussi à désigner de futures épouses. Tel était le système de l’époque, que le cinéaste transalpin égratigne en façonnant un personnage féminin en rupture avec ces conventions sociales, prêt à embrasser une vie au-delà des murs.
Il en découle un métrage séduisant, où la beauté des notes se conjugue à un portrait de femme affirmé, trouvant dans le violon une véritable raison d’être. Vivaldi passe presque au second plan, lui qui cultive une certaine ambiguïté dans sa relation à son élève.
Vivaldi et moi relate avec justesse cette période de transmission, parmi les mieux documentées par les historiens, là où se forge progressivement son art et où sa réputation commence à s’imposer. L’homme y apparaît profondément humain, accessible, presque familier. Sa relation avec son apprentie révèle toute l’étendue de son talent et de son potentiel créatif, dans une ambiance visuelle éclatante.
Michieletto filme les intérieurs de cet orphelinat avec des couleurs chaudes et vibrantes : le rouge des costumes surgit dans le cadre, contrastant avec l’austérité des lieux.
Vivaldi et moi résonne ainsi comme une composition lumineuse, faite de sonorités et d’un amour profond pour l’instrument, portée par un travail sonore soigné. Surtout, le film cherche à nourrir encore davantage la légende d’un musicien dont le parcours reste en partie mystérieux. Comme un hommage, il s’appuie sur ce pan biographique avéré pour en révéler les prémices d’une carrière aussi colossale que mythique.
La bande-annonce de Vivaldi et moi:
