Critique-La Bataille De Gaulle-J’écris ton nom: vers la victoire

La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom, second épisode plus épique que le premier, conclut un diptyque de façon impressionnante. Un divertissement digne d’une superproduction.

Doté d’un budget de plus de 30 millions d’euros, La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom continue de narrer les principales étapes de la France libre, du Gouvernement provisoire et des batailles de la coalition alliée.

Cet opus, mieux mené et digne d’un blockbuster français, parle autant du chef gaulliste que de ses compagnons, notamment le général Leclerc, présenté sous une posture héroïque sous les traits de Niels Schneider. Fidèle à la réalité de l’époque, Antonin Baudry restitue l’atmosphère suffocante des combats africains, ce qui donne lieu à des scènes de guerre détonantes et inédites dans le paysage cinématographique francophone. Jouant sur l’effet de proximité émotionnelle avec les différents personnages impliqués dans un pan important de l’histoire française, le cinéaste insuffle du souffle à sa réalisation, déjà aventureuse et pleine de promesses tenues.

Symbole d’un cinéma hexagonal qui s’ouvre à de nouvelles productions coûteuses, le diptyque prouve bel et bien la capacité de produire des œuvres ambitieuses, qui plus est sur un homme ayant dû imposer sa stature sur le plan international. En dépit des remous et d’une opération Overlord menée par les forces alliées, De Gaulle est présenté comme un artisan majeur de la Résistance, au même titre que Jean Moulin (Félix Kysyl), leader du Conseil national de la Résistance. Mais l’efficacité de ce long-métrage réside dans le fait de consacrer d’importants segments à toutes celles et ceux qui ont permis la victoire, que ce soit Leclerc ou la jeune Livia (Anamaria Vartolomei). Ceci donne alors la sensation de voir une œuvre héroïque, célébrant les artisans d’une victoire pourtant née sous de mauvais auspices.

Formellement, La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom se compose comme un hommage aux ancêtres combattants, dans une France occupée et des territoires nord-africains où les soldats jouent leur vie pour sauver la patrie. La mise en scène d’Antonin Baudry respire l’argent mis sur la table et ne lésine pas sur les moyens, avec quelques respirations salvatrices et un rythme bien tenu jusqu’à la fin. Il est agréable de constater la vivacité constante d’un montage qui fait passer d’un terrain à un autre avec une grande fluidité. Dans sa conception, la conclusion mise sur l’épique, sur les séquences d’action plus que sur les tractations menées en coulisses. Baudry tient son film, l’agrémentant d’un souci du détail dans les plans, lesquels s’accompagnent d’un suspense mis en image pour valoriser l’idée de résister.

Dans chacune de ses compositions cadrées se ressent la volonté de sanctifier les images respectives des généraux et des résistants, tel un mausolée les panthéonisant. La direction d’acteurs reste sensiblement la même que dans le premier épisode, tout en étant sans doute moins caricaturale. Ici, les dialogues importent. Baudry n’est pas un faiseur de miracles, mais les scènes s’enchaînent avec harmonie et rapidité, comme le veut un film de guerre consacré à un sujet d’une telle importance.

Le grand Simon Abkarian reste dans une incarnation mimétique et investie, ce De Gaulle toujours patriotique et réfractaire aux États-Unis. J’écris ton nom entre dans la période charnière de 1939-1945, au moment où se font entendre les premiers signes de faiblesse d’une armée allemande vacillante. Le film est également intéressant dans sa manière de concevoir les agissements des autres acteurs concernés, comme les généraux Giraud et Catroux. En réalité, le scénario n’élude rien des étapes franchies pour remporter la victoire et met en lumière des figures militaires se situant davantage dans l’ombre du futur président. En cela, cette fin convaincante permet d’écarter quelque peu son imposante présence au profit d’autres personnages qui ne sont nullement anecdotiques.

Techniquement, quelques César se profilent, notamment pour les effets visuels qui rendent le climat angoissant d’une guerre dans les contrées africaines, sublimées par une photographie orangée restituant la chaleur des paysages. Les choix artistiques de Baudry prennent corps et révèlent la réussite d’un cinéaste qui porte ce projet depuis des années. Comme Le Comte de Monte-Cristo, ce nouveau De Gaulle bénéficie d’innovations dans la manière de mettre en scène les superproductions françaises. À la fin, l’horizon qui s’éclaircit ouvre une nouvelle perspective politique et économique.

La bande-annonce:

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