La Bataille de Gaulle – L’âge de fer, The Plague: nos avis de la semaine

Retrouvez nos différents avis concernant les films sortis le mercredi 3 juin 2026, dont La Bataille De Gaulle – L’âge de fer.

On recommande:

La Bataille De Gaulle – L’âge de fer

Réalisé par Antonin Baudry, La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer retrace avec rigueur les débuts de la France libre à travers le parcours d’un Charles de Gaulle incarné avec conviction par Simon Abkarian. Le film suit l’ascension d’un homme encore méconnu sur la scène internationale, déterminé à poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie après l’armistice de 1940. Entre négociations diplomatiques, rivalités politiques et enjeux militaires, le récit met en lumière les difficultés rencontrées pour construire une force de résistance crédible face aux puissances alliées. Portée par une reconstitution historique soignée et des séquences de guerre ambitieuses, cette première partie privilégie la pédagogie et la précision historique. Malgré quelques traits parfois appuyés dans la caractérisation du général, l’ensemble demeure captivant et offre un portrait nuancé d’un homme animé par une volonté inébranlable. Une fresque solide et instructive qui donne envie de découvrir la suite de ce diptyque consacré à l’une des figures majeures de l’histoire de France.

The Plague, de Charlie Polinger

Récompensé par le Prix de la critique au Festival du cinéma américain de Deauville 2025, The Plague s’impose comme un film puissant sur le harcèlement adolescent. À travers le parcours de Ben, un jeune garçon progressivement rejeté dans un camp d’été de water-polo, Charlie Polinger décrit avec une grande justesse les mécanismes de l’exclusion, de l’humiliation et de l’emprise psychologique. Porté par de remarquables jeunes interprètes, le récit montre comment la victime en vient à douter d’elle-même et à protéger ses agresseurs. Dans cet univers clos où les adultes apparaissent absents ou impuissants, le malaise grandit jusqu’à devenir étouffant. Grâce à une mise en scène immersive, un travail sonore marquant et une approche sensible du point de vue de son personnage, le réalisateur parvient à faire ressentir au spectateur toute la violence du harcèlement. Un film bouleversant et nécessaire qui rappelle l’urgence de lutter contre ce fléau touchant de nombreux jeunes.

Nouveaux copains à Puffin Rock, de Jeremy Purcell

Réalisé par Jeremy Purcell, Nouveaux copains à Puffin Rock est une aventure familiale aussi charmante qu’éducative qui sensibilise les plus jeunes aux enjeux environnementaux. Sur une île battue par les vents, la jeune macareuse Oona voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’oiseaux déplacés par une tempête et par la mystérieuse disparition d’un œuf. À travers cette quête collective, le film aborde avec simplicité les conséquences du dérèglement climatique sur les habitats naturels et les migrations animales. Portée par une animation lumineuse, des paysages marins magnifiques et des personnages attachants, cette fable privilégie la pédagogie sans jamais sacrifier le divertissement. En valorisant l’entraide, la solidarité et le respect du vivant, Jeremy Purcell signe un récit accessible qui éveille la curiosité des enfants tout en les invitant à réfléchir à leur relation avec la nature. Une œuvre tendre et pertinente, idéale pour une découverte en famille.

L’Affaire Zanetti, de Leonardo Di Costanzo

Présenté à la Mostra de Venise, L’Affaire Zanetti de Leonardo Di Costanzo explore avec finesse les notions de culpabilité, de mémoire et de réinsertion sociale. Inspiré d’une histoire vraie, le film suit Elisa Zanetti, une femme condamnée pour le meurtre de sa sœur qui tente de reconstituer les circonstances du drame lors d’entretiens menés par un criminologue incarné par Roschdy Zem. À travers une mise en scène épurée et une progression fondée sur la parole et les silences, le réalisateur dévoile peu à peu les blessures et les zones d’ombre qui entourent son personnage. Porté par l’interprétation subtile de Barbara Ronchi, le film privilégie l’observation psychologique à l’émotion démonstrative et interroge la possibilité de se reconstruire après avoir commis l’irréparable. Malgré un rythme parfois lent, cette œuvre rigoureuse séduit par la précision de son regard sur les conséquences humaines du crime et sur la place que la société accorde à la réhabilitation.

Le Garçon qui faisait danser les collines, de Georgi M.Unkovski

Présenté au Sundance Film Festival, Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski est un récit initiatique touchant qui mêle musique, danse et quête de liberté. Le film suit Ahmet, un adolescent vivant dans une région rurale de Macédoine, qui trouve dans les sons et les rythmes un moyen d’échapper à un quotidien difficile marqué par le deuil et les contraintes sociales. Sa rencontre avec une jeune fille promise à un mariage forcé nourrit une réflexion sensible sur les traditions, la condition féminine et le droit de choisir son propre destin. Porté par de jeunes interprètes convaincants, le long-métrage séduit par son humanité, ses paysages magnifiques et son utilisation inspirée de la musique comme langage universel. Entre chronique sociale et fable musicale, Georgi M. Unkovski livre une œuvre sincère et lumineuse qui célèbre l’émancipation, la créativité et la force des rêves face aux déterminismes.

Toutes mes soeurs, de Massoud Bakhshi

Avec Toutes mes sœurs, Massoud Bakhshi livre un documentaire intime et profondément humain qui retrace près de vingt années de la vie de ses deux sœurs, Zahra et Mayha. À partir d’archives familiales, le cinéaste compose un portrait sensible de l’Iran contemporain, observé à travers le quotidien d’une famille confrontée aux tensions entre traditions, religion et désir d’émancipation. Sans adopter un discours frontalement politique, le film éclaire avec finesse la place des femmes dans la société iranienne et les évolutions générationnelles qui traversent le pays. Au fil des années, les aspirations des deux jeunes femmes entrent en résonance avec les débats qui agitent l’Iran, notamment autour des libertés individuelles et de l’égalité. Porté par l’authenticité de ses images et la force de son regard sociologique, Toutes mes sœurs dépasse le simple récit familial pour devenir un témoignage précieux sur une société en mutation, où les changements les plus profonds naissent souvent au cœur de la sphère privée.

On ne recommande pas:

Bouchra, de Orian Barki et Meriem Bennani

Passé par plusieurs festivals, Bouchra adopte la forme d’une autofiction dans laquelle une jeune réalisatrice cherche l’inspiration à travers son histoire et sa relation complexe avec sa mère. En mêlant réflexion sur la création artistique et récit intime, le film ambitionne d’explorer les liens familiaux et la transmission. Cependant, son esthétique très sombre et son rythme particulièrement lent finissent par affaiblir l’intérêt du spectateur. Malgré quelques pistes narratives prometteuses, l’ensemble peine à captiver et s’enlise dans une certaine monotonie. Ce n’est que dans ses dernières minutes que le récit gagne en intensité et révèle enfin les enjeux émotionnels qui lui faisaient jusque-là défaut, laissant entrevoir le film plus stimulant qu’il aurait pu être.

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