Retrouvez nos avis concernant les sorties du 17 juin 2026, dont le film Shana, réalisé par Lila Pinell.
On recommande:
Shana, de Lila Pinell
Avec Shana, son premier long métrage, Lila Pinell dresse le portrait sensible et décalé d’une jeune femme en marge des conventions sociales. Porté par l’interprétation remarquable d’Eva Huault, le film suit une héroïne aussi excessive qu’attachante, confrontée aux difficultés de son quotidien dans un environnement populaire. Entre humour, tendresse et regard social, la réalisatrice évite les caricatures pour donner vie à un personnage profondément humain. À travers cette trajectoire semée d’embûches, Shana explore les thèmes de la précarité, de la solidarité féminine et du passage à l’âge adulte. Avec une mise en scène précise et un ton mêlant réalisme et burlesque, Lila Pinell signe une œuvre sincère et incarnée qui s’intéresse à celles et ceux que le cinéma montre encore trop rarement.
L’Illusion de Yakushima, de Naomi Kawase
Avec L’Illusion de Yakushima, Naomi Kawase signe un drame sensible qui aborde la question du don d’organes à travers le regard d’une médecin confrontée à la maladie, à la perte et aux croyances japonaises liées à la mort. Porté par une interprétation tout en retenue de Vicky Krieps, le film mêle récit intime et réflexion sociale autour d’un sujet encore tabou au Japon. Fidèle à son cinéma contemplatif, la réalisatrice explore les thèmes du deuil, de l’absence et de la transmission, tout en accordant une place essentielle à la nature mystique de l’île de Yakushima. Entre histoire d’amour, espoir médical et quête spirituelle, Naomi Kawase livre une œuvre empreinte d’empathie, où la frontière entre la vie et la mort semble constamment se brouiller. Un film délicat et profondément humain qui invite à réfléchir sur notre rapport à la disparition et à la solidarité.
Ulysse, de Laetitia Masson
Avec Ulysse, Laetitia Masson livre un film profondément personnel inspiré de l’histoire de son fils Alphonse, atteint du syndrome de Noonan. À travers le parcours d’une mère prête à tout pour accompagner son enfant vers l’autonomie, la réalisatrice met en lumière les difficultés rencontrées par les familles confrontées au handicap en France. Le film aborde avec sincérité les enjeux de l’inclusion, de l’orientation scolaire et professionnelle, ainsi que les limites d’un système souvent inadapté. Portée par une interprétation touchante d’Élodie Bouchez et par la présence d’Alphonse lui-même à l’écran, cette œuvre évite tout pathos pour privilégier l’authenticité. Entre chronique familiale et regard critique sur les institutions, Ulysse devient un témoignage sensible et nécessaire sur la différence, les combats du quotidien et l’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant.
Jim Queen, de Marco Nguyen et Nicolas Athané
Présenté aux séances de minuit du Festival de Cannes 2026, Jim Queen est une comédie d’animation irrévérencieuse qui imagine un monde où l’hétérosexualité devient une anomalie. À travers le parcours de Jim, star de la scène gay parisienne frappée par un mystérieux virus transformant les homosexuels en hétérosexuels, les réalisateurs Marco Nguyen et Nicolas Athané signent une satire aussi délirante que politique. Porté par une esthétique flamboyante inspirée du manga et de la bande dessinée, le film multiplie les provocations tout en questionnant les normes sexuelles, les mécanismes d’exclusion et les contradictions internes de la communauté LGBT+. Derrière son humour trash et son énergie débordante, Jim Queen propose une réflexion pertinente sur l’identité, la différence et la place des minorités dans la société contemporaine. Une œuvre audacieuse, engagée et résolument libre.
On ne recommande pas:
La Baleine et le musicien, de Valentin Paoli
Le compositeur de musique électronique Rone se persuade que ses créations attirent les baleines. Une idée qui constitue le point de départ de La Baleine et le musicien, documentaire dont l’ambition paraît rapidement limitée. Ce voyage maritime à la rencontre des cétacés ressemble davantage à un exercice d’autopromotion qu’à une véritable exploration artistique ou scientifique. Faiblement étayé et reposant sur des hypothèses peu convaincantes, le film peine à donner du sens à sa démarche et aurait sans doute trouvé une place plus adaptée dans un format télévisuel. Derrière la beauté des images et la fascination légitime pour les baleines, le récit tourne souvent à vide et laisse une impression d’ego-trip plus que de réflexion approfondie.
