Garance, Raison et sentiments: nos avis de la semaine

Découvrez nos avis concernant les films sortis ce mercredi 23 septembre 2026, dont Garance, réalisé par Jeanne Herry.

On recommande:

Garance, de Jeanne Herry

garance

Dans Garance, Jeanne Herry poursuit son exploration de la reconstruction à travers le portrait d’une jeune actrice confrontée à l’alcoolisme. Inspiré d’un témoignage réel, le film montre avec réalisme les mécanismes de l’addiction, de la chute jusqu’au difficile chemin vers la guérison. Adèle Exarchopoulos incarne une femme fragile mais lucide, qui tente de reprendre le contrôle de sa vie malgré ses difficultés. La mise en scène privilégie les émotions, les corps et les signes qui permettent de comprendre la souffrance du personnage.

Sans tomber dans le pathos, Jeanne Herry décrit les étapes d’une reconstruction longue et incertaine, notamment à travers le suivi médical de Garance. L’arrivée de Pauline, interprétée par Sara Giraudeau, apporte une dimension plus douce et humaine au récit. Le film met ainsi en lumière une addiction qui touche particulièrement les femmes, sans chercher à dramatiser artificiellement la situation. Porté par une interprétation intense et naturelle d’Adèle Exarchopoulos, Garance propose un regard poignant et réaliste sur la dépendance et la volonté de retrouver une vie équilibrée.

Les Elephants dans la brume, de Abinash Bikram Shah

les elephants dans la brume

Avec Les Éléphants dans la brume, Abinash Bikram Shah plonge le spectateur dans la communauté Kinnar, une population transgenre marginalisée au Népal. Le film suit Pirati, une figure importante de cette communauté, qui doit faire respecter les règles au sein d’un village organisé autour de mères et d’une Guru Mata. À travers son histoire, le réalisateur décrit les traditions, les relations et les difficultés rencontrées par ces personnes. Son travail de documentation permet ainsi de mieux comprendre une communauté encore confrontée aux préjugés et aux discriminations.

Les éléphants, présents dans l’environnement du village, deviennent progressivement une menace invisible et inquiétante. Grâce au son, à la lumière et au hors-champ, le réalisateur transforme leur présence en source de suspense, mais aussi en métaphore de la marginalisation. Le parcours de Pirati illustre les tensions entre identité, liberté et regard de la société. Plus qu’un simple film sur la communauté transgenre, Les Éléphants dans la brume propose donc un regard sur un Népal partagé entre traditions, évolutions sociales et contradictions.

Les Roches rouges, de Bruno Dumont

bruno dumont

Avec Les Roches rouges, Bruno Dumont poursuit son exploration de l’enfance à travers une bande de jeunes enfants livrés à eux-mêmes. Géo, cinq ans, mène son groupe qui parcourt les routes en quad et plonge dans la mer depuis de grandes roches rouges. Leur quotidien, marqué par les jeux, la liberté et la transgression, se trouve bouleversé par la rencontre avec une fillette d’une bande rivale. Une relation amicale, teintée d’un premier sentiment amoureux, se développe alors entre eux.

Fidèle à son style dépouillé, Bruno Dumont privilégie les grands paysages, les gestes et les dialogues rares pour filmer l’enfance à hauteur d’enfant. Le réalisateur montre ainsi un monde où les plus jeunes semblent reproduire les rivalités, les conflits et les comportements des adultes. L’innocence laisse alors place à une forme de confrontation, sans pour autant perdre toute sa naïveté. Malgré quelques longueurs, Les Roches rouges propose une réflexion originale sur la liberté, la violence et la manière dont les enfants construisent leur propre rapport au monde.

Avis mitigé:

Raison et sentiments, de Georgia Oakley

Georgia Oakley propose une nouvelle adaptation de Raison et sentiments, le célèbre roman de Jane Austen, déjà porté à l’écran par Ang Lee. Le film privilégie un ton sentimental et romanesque, tout en s’intéressant aux relations entre les hommes et les femmes. L’histoire accorde également une place importante aux liens entre les personnages féminins, donnant au récit une dimension de sororité. L’ensemble reste toutefois marqué par une approche très classique et relativement sage.

Malgré une esthétique soignée et des interprétations convaincantes, cette nouvelle version semble manquer de profondeur émotionnelle. Le film cherche à restituer l’esprit romanesque de Jane Austen, mais peine à retrouver la force et la dimension viscérale de son écriture. Raison et sentiments reste ainsi une adaptation élégante et accessible, mais qui peut donner une impression de retenue face à la richesse et à l’intensité du roman original.

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