Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à voir en VOD, dont Romería, film espagnol réalisé par Carla Simon.
Romería, de Carla Simon

Dans Romería, Carla Simón suit Marina, 18 ans, orpheline, qui se rend en Galice à la rencontre de sa famille paternelle pour comprendre l’histoire de ses parents. Derrière les silences et les non-dits se cache un lourd secret lié à leur disparition. La jeune fille se heurte à une famille divisée entre honte, protection et désir de préserver une certaine version du passé. À travers cette quête d’identité, la réalisatrice explore les blessures de la mémoire familiale et les traces laissées par une génération marquée par la Movida.
Les parents de Marina ont vécu leur jeunesse dans l’Espagne libérée du franquisme, entre désir de liberté, fête et nouvelles expériences, mais aussi face aux ravages de la drogue et du sida. Inspiré de sa propre histoire, Carla Simón mêle souvenirs, fiction et imagination pour reconstruire un passé qu’elle n’a pas connu. Le journal intime de la mère devient notamment une porte d’entrée vers cette époque révolue. Romería s’impose ainsi comme un récit intime et sensible sur la transmission, les secrets familiaux et la nécessité de se réapproprier son histoire pour pouvoir avancer.
Vivaldi et moi, de Damiano Michieletto

Metteur en scène d’opéra, Damiano Michieletto fait de Vivaldi et moi une évocation romancée des années passées par Antonio Vivaldi à l’Ospedale della Pietà, où il enseignait la musique à de jeunes orphelines. À travers Cecilia, une jeune femme marquée par l’abandon et en quête de liberté, le cinéaste imagine la rencontre entre le génie du compositeur et une musicienne qui trouve dans le violon une véritable raison d’exister. Dans le huis clos de l’institution vénitienne, la musique devient une échappatoire face aux conventions sociales et religieuses de l’époque.
Le film s’éloigne ainsi du biopic traditionnel pour privilégier un portrait féminin et une relation ambiguë entre le maître et son élève. Vivaldi lui-même apparaît presque en retrait, montré dans une dimension plus humaine et accessible, tandis que Cecilia s’émancipe progressivement des murs qui l’enferment. Michieletto soigne particulièrement la dimension visuelle du film, avec des décors austères rehaussés par des couleurs chaudes et éclatantes. Porté par une bande-son élégante et un amour évident pour la musique classique, Vivaldi et moi rend hommage à une période essentielle de la vie du compositeur tout en imaginant les prémices d’une œuvre appelée à devenir légendaire.
Sorda, de Eva Libertad Garcia

Dans Sorda, Eva Libertad Garcia suit Angela, une jeune femme sourde qui devient mère d’une petite fille entendante. Avec cette situation familiale nouvelle, la réalisatrice explore les difficultés liées au langage, à la communication et à la place de chacun au sein de la famille. Alors qu’Angela échange naturellement en langue des signes avec son entourage, l’arrivée d’Ona bouleverse ses repères et fait naître chez elle la crainte de ne pas parvenir à créer avec sa fille le même lien que son compagnon entendant.
Le film s’attache avec justesse aux obstacles du quotidien, de la crèche aux relations familiales, en montrant les difficultés rencontrées par Angela dans un monde essentiellement pensé pour les entendants. Eva Libertad Garcia va jusqu’à faire ressentir au spectateur la perception sonore de son héroïne, notamment lorsque ses prothèses auditives transforment les sons en un univers métallique et saturé. Porté par Miriam Garlo, la propre sœur de la réalisatrice, Sorda livre ainsi un regard profondément humain sur la surdité, la maternité et la nécessité de trouver un langage commun pour créer du lien.
