Découvrez nos avis sur les films sortis en salles ce mercredi 2 septembre 2026, parmi lesquels La Dernière patiente, le premier long métrage de Rémi Bassaler.
On recommande:
La Dernière patiente, de Rémi Bassaler

Premier long métrage de Rémi Bassaler, La Dernière Patiente met en scène Judith, une médecin contrainte de prendre sa retraite alors que son immeuble doit être démoli. Incapable de tourner la page après une vie consacrée à la médecine, elle reçoit l’appel d’une jeune femme enceinte, isolée et confrontée à une relation toxique. Cette rencontre inattendue lui permet de renouer avec son métier et de donner un nouveau sens à cette période de transition.
À travers la relation qui se noue entre les deux femmes, le film aborde la solitude, la précarité et les difficultés d’un système de santé à bout de souffle. Dans une atmosphère sombre et tendue, Judith devient peu à peu un soutien pour cette jeune femme en perte de repères. Entre récit de sororité et thriller social, La Dernière Patiente raconte la solidarité et la résilience de deux femmes que tout semble opposer.
The Good Sister, de Sarah Miro Fischer

Avec The Good Sister, Sarah Miro Fischer explore les violences sexistes et sexuelles à travers leurs conséquences sur une famille. Rose, très proche de son frère Sam, voit son monde bouleversé lorsque celui-ci est accusé de viol. Alors qu’elle doit témoigner, elle se retrouve confrontée à un choix douloureux entre l’amour qu’elle lui porte et la nécessité de faire face à une vérité qui pourrait tout détruire.
À travers le regard de Rose, le film interroge les notions de loyauté, de responsabilité et de justice face aux violences sexuelles. La réalisatrice privilégie une mise en scène intime, centrée sur les émotions et les bouleversements de son héroïne. Sans détour, The Good Sister montre comment une accusation peut fissurer les liens familiaux et souligne le courage nécessaire pour choisir la vérité et la justice plutôt que le silence.
Salvation, de Emin Alper

Le cinéaste turc Emin Alper, auteur de Burning Days, revient avec Salvation, un film sombre et radical où l’affrontement entre deux clans transforme un conflit territorial en véritable guerre psychologique. Dans un paysage aride partagé entre montagne et plaine, la rivalité nourrit la paranoïa, la vengeance et une lutte de pouvoir qui pousse progressivement les personnages vers la violence et la barbarie.
Inspiré d’une tragédie réelle, Salvation dépasse le fait divers pour devenir une parabole politique sur les dérives identitaires et la montée de l’autoritarisme. Entre atmosphère de western et touches fantastiques, Emin Alper filme avec précision l’escalade de la haine et les hallucinations d’un personnage gagné par la paranoïa. Malgré quelques faiblesses scénaristiques, le film propose une réflexion glaçante sur la soif de pouvoir, la guerre et la perte progressive de toute empathie.
Gouffres et merveilles, de Jean Boiron-Lajous

Dans Gouffres et merveilles, Jean Boiron-Lajous accompagne son amie Christine Dancausse dans un road-trip à la rencontre de son passé familial. Alors qu’elle part retrouver sa mère après la mort de son père, Christine se confronte à des souvenirs douloureux et aux blessures laissées par une mère absente et destructrice. Au fil du voyage, elle évoque son enfance, ses relations familiales et les conséquences de ces blessures sur sa vie d’adulte.
À travers des échanges intimes et des moments de complicité, le documentaire explore les traces laissées par l’absence, le deuil et les traumatismes de l’enfance. La découverte d’une lettre d’adieu de son père ouvre également une réflexion sur le suicide et les questions restées sans réponse. Avec une mise en scène simple et sensible, Jean Boiron-Lajous livre le portrait touchant d’une femme en quête de compréhension et de reconstruction.
Lettres d’amour de ma grand-mère, de Lan Hongchung

Lettres d’amour de ma grand-mère de Lan Hongchun raconte l’histoire d’une grand-mère qui reçoit les qiaopis, des lettres envoyées par son mari depuis la Thaïlande. À travers cette correspondance, le film évoque les liens historiques entre la Chine et la Thaïlande et les vagues d’immigration qui ont séparé de nombreuses familles. Ces lettres deviennent le symbole d’un amour capable de résister à la distance, à l’exil et au passage du temps.
Malgré une histoire chargée et un intérêt certain pour les relations culturelles entre les deux pays, le film reste difficile à appréhender pour un public peu familier avec ce contexte historique. L’émotion repose principalement sur les souvenirs transmis par les lettres et sur la persistance des sentiments. Avec une mise en scène très classique et académique, Lettres d’amour de ma grand-mère demeure toutefois un témoignage sensible sur l’exil, la mémoire familiale et l’héritage culturel.
On ne recommande pas:
The Opera, de Davide Livermore et Valentino Buzza
Presque un Megalopolis à la sauce lyrique, le film accumule les effets spéciaux numériques et les plans maladroits, le tout dans une esthétique outrageusement orangée qui agresse les yeux. Malgré de superbes voix et des morceaux chantés qui auraient pu apporter un peu de relief à l’ensemble, rien ne parvient à sauver ce naufrage cinématographique, véritable navet comme on en voit rarement.
The Holy Boy, de Paolo Strippoli
L’histoire d’un adolescent capable d’absorber la douleur des autres. Une idée de départ originale et plutôt séduisante, mais malheureusement desservie par de nombreuses lourdeurs, un rythme convenu et une mise en scène poussive. Le fantastique italien devra encore patienter avant de trouver un véritable bon film.
