Ulysse, Ce qu’il reste de nous: notre sélection streaming

Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à voir en streaming, dont Ulysse, réalisé par Laetitia Masson.

Sur Sooner:

Ulysse, de Laetitia Masson

ulysse

Dans Ulysse, Laetitia Masson raconte le parcours de son fils Alphonse, atteint du syndrome de Noonan, et le combat de sa famille face au handicap. Le film suit son évolution de l’enfance à l’entrée dans le monde du travail, en montrant les difficultés d’accompagnement et d’inclusion. À travers les décisions de la MDPH et les parcours proposés, la réalisatrice souligne les limites d’un système encore complexe et parfois inadapté. Le rêve d’Alphonse de travailler dans la restauration illustre le décalage entre les ambitions d’inclusion et la réalité. Le handicap pèse également sur la vie familiale et fragilise le couple.

La présence d’Alphonse à l’écran donne au récit une forte authenticité, sans tomber dans le voyeurisme. Élodie Bouchez incarne avec sensibilité une mère déterminée à aider son fils à trouver sa place. Avec une mise en scène sobre et proche des personnages, Laetitia Masson privilégie les émotions et la réalité du quotidien. Ulysse devient ainsi un témoignage humain sur les difficultés rencontrées par de nombreuses familles. Le film sensibilise au syndrome de Noonan et interroge la capacité de la société à rendre l’inclusion réellement accessible.

Sauvons les meubles, de Catherine Cosme

sauvons les meubles

Dans Sauvons les meubles, Lucille et Paul retournent dans la maison familiale en Provence alors que leur mère, gravement malade, approche de la fin de sa vie. Ils découvrent une situation financière inquiétante et de nombreux crédits contractés par leur mère pour maintenir son commerce et préserver les apparences. Face à ces révélations, Lucille oscille entre colère, incompréhension et attachement, tandis qu’elle doit décider s’il faut tout révéler ou profiter des derniers moments avec sa mère.

À travers ce drame familial, Catherine Cosme aborde les non-dits, la responsabilité des parents et les conséquences des dettes sur leurs enfants. Le film critique également un système bancaire et judiciaire qui semble peu attentif aux situations humaines. Entre sentiment d’injustice, impuissance et désir de réparation, Sauvons les meubles montre comment la fin de vie peut faire ressurgir les blessures familiales, mais aussi offrir une dernière chance de renouer grâce à la sincérité et au partage.

Sur CINE+OCS:

Pillion, de Harry Lighton

pillion

Dans Pillion, Harry Lighton raconte une relation amoureuse atypique entre un motard charismatique et un jeune homme timide, dans un univers marqué par la liberté sexuelle, la soumission et l’ironie. Le film détourne les codes traditionnels de la romance gay avec un ton provocateur, décalé et souvent burlesque. À travers cette relation fondée sur l’opposition des caractères, le réalisateur questionne les normes, l’affirmation de soi et les représentations de l’homosexualité au cinéma.

Porté par Alexander Skarsgård et Harry Melling, le film joue sur leurs physiques et leurs personnalités radicalement opposés. Leur interprétation donne à cette histoire de bikers une dimension à la fois drôle, provocante et transgressive. En assumant une sexualité décomplexée et une mise en scène volontairement excessive, Pillion se distingue par son audace et son refus des conventions. Le film propose ainsi une vision libre et décalée de l’amour et de la sexualité, loin des représentations habituelles.

Ce qu’il reste de nous, de Cherien Dabis

ce qu'il reste de nous

Dans Ce qu’il reste de nous, Cherien Dabis raconte sur plusieurs générations l’histoire d’une famille palestinienne marquée par un conflit qui transforme les identités, les convictions et les relations. Du grand-père militant au petit-fils, chacun représente une époque et une manière différente de vivre la résistance, entre engagement, fatigue et désir d’apaisement. La réalisatrice évite les scènes de violence pour privilégier les silences, les tensions et les conséquences intimes de la guerre. La ville de Jaffa devient le symbole d’une mémoire familiale et collective, à la fois refuge, attachement et blessure.

À travers cette fresque familiale, Dabis interroge ce que les conflits transmettent aux générations suivantes et ce qu’il reste des idéaux après des décennies de lutte. Malgré quelques longueurs, le film privilégie une approche intime et humaine, loin du spectaculaire ou du didactisme. La guerre reste en arrière-plan, mais ses effets imprègnent les personnages et leur quotidien. Ce qu’il reste de nous apparaît ainsi comme une chronique d’une humanité épuisée, où la mémoire, l’identité et l’espoir continuent de se transmettre malgré les fractures.

Sur Canal +:

Gourou, de Yann Gozlan

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Dans Gourou, Yann Gozlan place Pierre Niney au cœur d’une histoire d’emprise mentale autour du développement personnel et de la quête du bonheur. Mathieu, entrepreneur charismatique, transforme son entreprise en véritable machine à influencer, portée par des spectacles spectaculaires et des discours séduisants. Face à un public en quête de réponses, son coaching bascule progressivement dans la manipulation et la soumission. Le film interroge ainsi les dérives du culte de soi et d’une réussite personnelle devenue une norme sociale.

Avec une mise en scène nerveuse, un montage rapide et une tension constante, Gozlan installe une atmosphère anxiogène. Pierre Niney livre une interprétation physique et intense d’un homme fasciné par son propre pouvoir. Gourou explore les mécanismes de l’emprise et l’exploitation des fragilités, jusqu’à la disparition de l’individu derrière le spectacle. Le film s’impose ainsi comme un thriller oppressant sur les dangers d’un bonheur imposé et les frontières troubles entre développement personnel, influence et manipulation.

L’Affaire Bojarski, de Jean-Paul Salomé

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L’Affaire Bojarski retrace le parcours de Czeslaw Bojarski, célèbre contrefacteur surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie » pour le réalisme exceptionnel de ses billets. Salomé construit un face-à-face entre Bojarski, incarné par Reda Kateb, et le policier chargé de l’arrêter, joué par Bastien Bouillon. Le film détaille son travail minutieux et son ascension dans un univers clandestin, tout en montrant comment son obsession pour la contrefaçon finit par prendre le dessus sur sa vie familiale.

Avec une mise en scène classique et linéaire, le réalisateur privilégie la précision de la reconstitution et l’intensité du duel entre les deux personnages. L’Affaire Bojarski présente la contrefaçon comme un véritable travail artisanal, entre pigments, machines et papiers rares, tout en dressant le portrait ambigu d’un homme à la fois brillant et criminel. Sans révolutionner le genre, le film revient sur une affaire marquante de la justice française et sur ses conséquences.

La Tour de glace, de Lucile Hadzihalilovic

la tour de glace

Ours d’argent de la meilleure contribution artistique à Berlin, La Tour de glace revisite le conte de Hans Christian Andersen dans une version gothique, sombre et éloignée de l’univers enfantin de Disney. Lucile Hadzihalilovic suit Jeanne, une jeune orpheline fascinée par Cristina, une actrice incarnant la Reine des neiges sur un plateau de tournage. Peu à peu, cette admiration se transforme en relation ambiguë, faite de fascination, de mimétisme et de tension.

Avec ses plans fixes, sa photographie glaciale et ses rares dialogues, la réalisatrice installe une atmosphère mystérieuse et hypnotique. L’esthétique rappelle notamment le cinéma de Jean Cocteau, tandis que le récit joue sur plusieurs niveaux de lecture. Clara Pacini et Marion Cotillard portent cette confrontation entre innocence et pouvoir de séduction. La Tour de glace devient ainsi une expérience visuelle et sensorielle où le merveilleux se transforme progressivement en cauchemar.

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