Le Mystère Lucy Lost, réalisé par Olivier Clert, est un joli morceau d’animation française, adapté du roman Listen to the Moon de Michael Morpurgo.
Sur son île, la petite Lucy se sent isolée, malgré toute l’affection de sa famille. Différente des autres, avec ses cheveux blancs, elle suscite le dégoût et le mépris des habitants. Mais quel secret cache-t-elle ?

Le Mystère Lucy Lost se distingue par un dosage vivace de couleurs chaudes et chatoyantes. Les coups de crayon laissent apparaître certaines influences japonaises, évoquant aussi bien le manga que les œuvres animées des années 1990. À la manière d’Hayao Miyazaki, Olivier Clert emploie des techniques d’animation dynamiques pour donner vie à une adaptation cinématographique de l’univers de Michael Morpurgo.
Force est de constater que cette dynamisation d’ensemble rend le spectacle accessible à tous, tout en développant un message sur la différence et les difficultés du vivre-ensemble. Ainsi, le personnage de Lucy devient un miroir des sociétés contemporaines. Olivier Clert prend quelques libertés avec le roman original, mais convoque certaines récurrences littéraires de l’auteur britannique, notamment le traumatisme de la guerre et la quête identitaire.
Ces thèmes universels se retrouvent dans Le Mystère Lucy Lost, bien que la construction fragmentée du livre laisse ici place à une narration davantage tournée vers l’émotion. Cette approche se manifeste notamment à travers la relation amicale entre Lucy et Milly, que le scénario fait se rencontrer directement. Ce choix constitue l’un des principaux écarts avec le matériau d’origine. Il se justifie néanmoins par la volonté de faciliter la compréhension du récit auprès du jeune public, tout en insufflant une touche d’humour à une histoire qui aurait pu paraître trop intellectuelle pour les plus petits.

Le Mystère Lucy Lost s’impose ainsi comme une adaptation fidèle à l’esprit du roman, tout en cultivant une certaine nostalgie des dessins animés d’antan, comme Princesse Sarah ou Heidi. Le film aborde des thématiques aussi diverses que le deuil et la xénophobie, des sujets difficiles qu’Olivier Clert cherche à expliquer à hauteur d’enfant.
L’autre force du film réside dans sa retenue dramaturgique. Plutôt que de souligner constamment la gravité des événements, le réalisateur cherche à éveiller les consciences à travers des fragments poétiques qui viennent atténuer une portée dramatique pourtant forte. Les techniques d’animation traditionnelles renforcent l’émotion de l’ensemble, porté par un scénario solide et structuré.
