L’Île des souvenirs, créé par DreamWorks, est un film d’animation divertissant qui allie inventivité et fortes influences japonisantes.
Jo et Raissa sont deux amies inséparables depuis l’école primaire. Lorsqu’elles s’aventurent sur l’île mystérieuse de Nakali, les deux comparses doivent oublier tout ce qu’elles ont vécu ensemble pour retrouver le chemin de la maison.
Le duo de concepteurs, Joel Crawford et Januel P. Mercado, concocte une aventure agréable, fraîche, pleine de jeunesse et de vitalité. Certes, le scénario repose sur une trame standard, mais l’essentiel de sa puissance réside dans la vivacité des couleurs employées et dans un rythme résolument fou qui nous embarque du début à la fin de cette virée aventureuse sur Nakali, un lieu où se croisent le fantastique et les créatures horrifiques.

Sur ce point, l’imaginaire inventé par les réalisateurs fonctionne plutôt bien, en mélangeant une ambiance glauque et malsaine à une atmosphère japonisante qui pourrait plaire aux grands amateurs de mangas. L’Île des souvenirs possède une animation 3D matinée de flashbacks en 2D, inspirés des œuvres japonaises et faisant référence à certains titres cultes comme Dragon Ball Z ou Sailor Moon. Crawford et Mercado ne cachent ni leurs influences ni l’admiration qu’ils portent à ces deux références qui ont bercé leur enfance et qui donnent ainsi naissance à ce film d’animation relativement maîtrisé.
Sur le plan du rythme, le film mise sur une esthétique et des techniques japonisantes, dans une sorte de grand clip animé et musical frénétique où rien ne s’arrête véritablement. Les décors de l’île de Nakali sont dynamiques et richement texturés, loin de l’image lisse traditionnelle. Il s’agit d’une technique assez hybride, notamment déjà observée dans Le Chat potté 2.

Au-delà de son animation-hommage au cinéma nippon, L’Île des souvenirs possède un message sous-jacent, en filigrane : celui de l’amitié qui doit se reconstituer et de la force de l’union entre deux écolières devenues grandes. Les souvenirs deviennent un moteur essentiel de ce film, qui allie des idées novatrices à un sujet quelque peu universel, inscrit dans l’ADN de l’humanité. C’est pourquoi L’Île des souvenirs se démarque au sein des productions DreamWorks, par son côté moins formaté et aseptisé, mais aussi par sa prise de risques : celle d’un studio américain qui emprunte à d’autres genres et à d’autres pays.
