Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en VOD, dont Disclosure Day, réalisé par Steven Spielberg.
Disclosure Day, de Steven Spielberg

Avec Disclosure Day, Steven Spielberg renoue avec la science-fiction et ses grandes obsessions : la vie extraterrestre, les secrets d’État et la fascination pour l’inconnu. Porté par Emily Blunt et Josh O’Connor, le film entrelace les destins de deux personnages confrontés à des phénomènes mystérieux et à des révélations susceptibles de bouleverser leur vision du monde. Entre héritage de Rencontres du troisième type et souffle spectaculaire de La Guerre des mondes, le cinéaste retrouve un imaginaire foisonnant, où le mystère nourrit autant l’aventure que l’émotion.
Plus qu’un hommage à ses œuvres passées, Disclosure Day apparaît comme une synthèse du cinéma spielbergien, conjuguant spectacle populaire, tension et émerveillement. La mise en scène privilégie la suggestion et l’invisible, laissant toute sa place à l’imagination du spectateur. Emily Blunt apporte une belle sensibilité à ce récit qui interroge notre rapport à la vérité et à l’inconnu. Un retour inspiré pour Spielberg, qui rappelle que la science-fiction peut encore être une formidable invitation à rêver autant qu’à questionner le monde.
La Chaleur, de Stéphane Demoustier

Avec La Chaleur, Stéphane Demoustier transforme un camping estival en un véritable huis clos psychologique, où l’insouciance des vacances laisse progressivement place à l’angoisse. Alors que Marouane, 17 ans, voit sa dernière journée de vacances basculer après un geste aux conséquences dramatiques, le cinéaste installe un climat suffocant, porté par la peur, la culpabilité et le sentiment d’une menace permanente. La caméra explore ce décor ensoleillé, dont l’atmosphère festive contraste avec la dérive intérieure du jeune homme.
À travers ce polar tendu et clinique, Demoustier saisit avec justesse la fragilité de l’adolescence, entre désir de séduire, insouciance et confrontation brutale aux responsabilités. La chaleur devient une présence presque physique, accentuant la sensation d’étouffement et la suspension du temps. En faisant d’un lieu de détente le théâtre d’un cauchemar psychologique, La Chaleur propose une expérience sensorielle et anxiogène, où le soleil n’éclaire plus les vacances, mais les zones d’ombre de la conscience.
The Furious, de Kenji Tanigaki

Avec The Furious, Kenji Tanigaki et Kensuke Sono-mura livrent un déluge d’action décomplexé, où un expert en arts martiaux se lance à la poursuite de trafiquants responsables de l’enlèvement de sa fille. Le scénario, réduit à sa plus simple expression, sert surtout de prétexte à une succession de combats spectaculaires, chorégraphiés avec une précision impressionnante. Entre violence outrancière, cascades démentielles et affrontements flirtant parfois avec le gore, le film privilégie l’adrénaline à la subtilité.
Si l’écriture manque cruellement de profondeur et les personnages de consistance, The Furious assume pleinement son goût pour la surenchère. Les réalisateurs misent tout sur la maîtrise technique, l’énergie des interprètes et des séquences physiques qui repoussent les limites du raisonnable. Dans la lignée de Kill et de certaines œuvres de Park Chan-wook, ce spectacle aussi brutal qu’halluciné ne révolutionne pas le genre, mais offre un divertissement explosif aux amateurs d’action sans concession.
ChaO, de Yasuhiro Aoki

Avec ChaO, Yasuhiro Aoki signe une romance aussi improbable que réjouissante, qui confirme la singularité artistique de Studio 4°C. Dans un monde où humains et sirènes tentent de cohabiter, la rencontre entre Stephen, un jeune ingénieur passionné par les océans, et ChaO, princesse du royaume marin, donne naissance à une histoire d’amour pleine de fantaisie. Récompensé par le Prix du Jury au Festival d’Annecy, le film séduit d’emblée par son humour absurde, son énergie communicative et son animation 2D entièrement dessinée à la main.
Véritable feu d’artifice visuel, ChaO impressionne par la richesse de ses décors, la fluidité de ses mouvements et le travail remarquable sur les textures aquatiques. Derrière cette débauche de couleurs et cette liberté formelle se dessine également un conte sur la différence et la possibilité de dépasser les frontières entre deux mondes. Une œuvre généreuse, poétique et délicieusement décalée, qui célèbre toute la créativité de l’animation japonaise et le savoir-faire artisanal de Studio 4°C.
The Plague, de Charlie Polinger

Récompensé par le Prix de la critique au Festival du Cinéma américain de Deauville 2025, The Plague de Charlie Polinger plonge dans l’univers fermé d’un camp d’été où le harcèlement entre adolescents prend une tournure particulièrement inquiétante. Lorsque Ben, nouvel arrivant, témoigne de la compassion envers Eli, un garçon rejeté par ses camarades, il devient à son tour la cible de moqueries et d’humiliations. Porté par des jeunes acteurs d’un réalisme saisissant, le film décrit avec justesse les mécanismes de l’exclusion et la solitude qui enferme progressivement les victimes.
Grâce à une mise en scène immersive et un travail sonore oppressant, Polinger épouse le point de vue de Ben, dont la perception de la réalité se déforme sous la pression du groupe. L’inaction des adultes renforce ce sentiment d’enfermement, tandis que la violence psychologique s’installe insidieusement. Éprouvant mais nécessaire, The Plague dépasse le simple récit de harcèlement pour offrir une expérience sensorielle troublante, qui rappelle avec force l’importance de reconnaître et de combattre ce fléau dès ses premières manifestations.
La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer

Avec La Bataille De Gaulle : L’Âge de fer, Antonin Baudry revient sur les débuts de la France libre et le combat d’un homme déterminé à poursuivre la lutte contre l’Allemagne nazie. Porté par un Simon Abkarian impressionnant de présence et de ressemblance, le film retrace le parcours d’un général encore isolé, contraint de convaincre ses alliés et de s’imposer face à des figures comme Churchill et Roosevelt. Entre enjeux diplomatiques, stratégie militaire et divisions françaises, cette première partie restitue avec précision une période décisive de l’Histoire.
Grâce à une reconstitution soignée et une mise en scène qui privilégie les rapports de force aux démonstrations spectaculaires, Antonin Baudry compose une fresque historique ambitieuse et accessible. Le film dévoile un De Gaulle à la fois orgueilleux, autoritaire et vulnérable, dont la détermination se heurte aux résistances de son époque. Malgré quelques traits de caractère parfois forcés et une durée conséquente, L’Âge de fer convainc par sa richesse historique et son interprétation principale, tout en donnant envie de découvrir la suite de ce diptyque.
Entroncamento, de Pedro Cabeleira

Présenté dans la section ACID du Festival de Cannes 2025, Entroncamento de Pedro Cabeleira plonge dans les rouages du trafic de drogue à travers le parcours de Laura, une jeune femme qui, pour échapper à un passé difficile, finit par choisir le deal comme moyen de survie. Dans une petite ville portugaise rongée par la précarité, le film dépeint un univers dominé par l’argent, les rapports de force et les rivalités criminelles. Sa mise en scène sombre et naturaliste restitue avec justesse un environnement où la frontière entre nécessité et immoralité devient de plus en plus floue.
En plaçant une femme au cœur d’un milieu essentiellement masculin, Cabeleira propose un regard singulier sur la délinquance et les choix qui conduisent à basculer dans l’illégalité. Sans chercher le spectaculaire à tout prix, le cinéaste privilégie une tension progressive et une atmosphère poisseuse qui rendent le parcours de Laura particulièrement captivant. Malgré une durée conséquente, Entroncamento s’impose comme un drame social ambitieux, qui interroge la responsabilité individuelle autant que les conditions économiques et sociales favorisant la criminalité.
Le Garçon qui faisait danser les collines, de Georgi M.Unkovski

Présenté au Festival de Sundance 2025, Le Garçon qui faisait danser les collines de Georgi M. Unkovski raconte le parcours d’Ahmet, un adolescent de 15 ans qui trouve dans la musique une échappatoire à un quotidien difficile. Entre les responsabilités familiales et les traditions d’un village macédonien, sa rencontre avec une jeune fille promise à un mariage forcé fait naître un lien singulier, nourri par la danse et le désir de liberté. À travers des paysages magnifiques et des séquences musicales pleines d’énergie, le réalisateur compose un récit à la fois poétique et profondément humain.
Mêlant burlesque, folklore et chronique sociale, le film interroge le poids des traditions et la difficulté de choisir son propre destin. La musique devient un langage universel, capable de rapprocher les êtres et de faire vaciller les règles établies, notamment celles qui pèsent sur les femmes. Malgré une mise en scène relativement classique, Le Garçon qui faisait danser les collines séduit par sa sincérité, son énergie communicative et son regard tendre sur une jeunesse en quête d’émancipation. Une œuvre lumineuse qui célèbre la liberté d’être soi-même.
