Découvrez notre sélection hebdomadaire de films à regarder en VOD, dont Seule la vie, réalisé par Adrian Goiginger.
Seule la vie, de Adrian Goiginger

Avec Seule la vie, son premier film distribué en France, Adrian Goiginger adapte le récit autobiographique de Barbara Pachl-Eberhart. Le film raconte le destin de Barbara, une jeune femme heureuse en ménage avec Heli, son mari, avec lequel elle partage le métier de clown et le goût de faire rire les enfants. Mais un terrible accident lui enlève son époux et leurs deux enfants. Confrontée à cette perte immense, elle doit apprendre à vivre avec l’absence et trouver la force de se reconstruire. Sans chercher à forcer l’émotion, le réalisateur filme avec pudeur les différentes étapes du deuil, entre souvenirs d’un bonheur disparu et volonté de retrouver un sens à l’existence.
Porté par l’interprétation remarquable de Valérie Pachner, Seule la vie évite les pièges du mélodrame et privilégie une approche intime, faite de silences, de regards et de retours en arrière. Le métier de clown des deux protagonistes apporte une dimension singulière au récit : continuer à faire rire malgré la douleur devient une véritable forme de résistance. Adrian Goiginger signe ainsi un film profondément humain sur la perte, la résilience et la capacité à reprendre le cours de sa vie après une tragédie. Une œuvre bouleversante, mais jamais désespérée.
La Bataille De Gaulle: J’écris ton nom, de Antonin Baudry

Avec La Bataille De Gaulle – J’écris ton nom, Antonin Baudry conclut son diptyque consacré au général de Gaulle avec un second volet plus spectaculaire et épique. Doté d’un budget de plus de 30 millions d’euros, le film retrace les grandes étapes de la France libre, des combats en Afrique aux opérations menées avec les Alliés. Simon Abkarian retrouve le rôle de De Gaulle, tandis que Niels Schneider incarne un général Leclerc particulièrement héroïque. Le récit accorde également une place importante aux compagnons de la Résistance, parmi lesquels Jean Moulin, interprété par Félix Kysyl, et la jeune Livia, jouée par Anamaria Vartolomei. En élargissant son regard à ces figures de l’ombre, Baudry rappelle que la victoire fut avant tout une œuvre collective.
La mise en scène impressionne par l’ampleur des scènes de guerre, la qualité des effets visuels et le soin apporté aux décors et à la photographie. Le réalisateur privilégie l’action et le souffle épique, tout en maintenant un rythme soutenu et une narration fluide. Moins caricatural que le premier épisode, ce volet donne davantage de relief aux personnages et aux enjeux historiques. Cette conclusion confirme l’ambition d’un cinéma français capable de rivaliser avec les grandes productions internationales. Une superproduction solide et spectaculaire, qui rend hommage à celles et ceux qui ont contribué à la libération de la France.
Miss Mermaid, de Pauline Brunner et Marion Verlé

Avec Miss Mermaid, Pauline Brunner et Marion Verlé signent une comédie fantaisiste autour du mythe de la sirène. Fanny, une trentenaire endettée qui travaille dans une entreprise de crevettes, voit son quotidien bouleversé lorsqu’elle rencontre Anémone, une sirène professionnelle. Fascinée par cet univers, elle décide de participer au concours de Miss Mermaid. Porté par une Aloïse Sauvage pleine d’énergie, le film suit le parcours d’une femme ordinaire qui tente de sortir d’une existence devenue trop étroite. Avec son franc-parler et ses maladresses, Fanny est une héroïne attachante, loin des représentations habituelles de la féminité.
Inspiré de l’histoire d’Alexia Colibert, sirène professionnelle à Fécamp, le film mêle habilement réalisme social et fantaisie. Derrière son humour et son univers aquatique, il aborde les difficultés financières, le poids du travail et le besoin de trouver sa place. La photographie aux tonalités bleutées et les séquences sous-marines renforcent cet imaginaire singulier. Sans chercher à délivrer une leçon, Pauline Brunner et Marion Verlé racontent avec tendresse le désir de changer de vie et de croire en ses rêves, même les plus improbables. Une comédie estivale pleine de fraîcheur et de fantaisie.
Les Caprices de l’enfant roi, de Michel Leclerc

Présenté au Festival de Cannes 2026, au Cinéma de la Plage, Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc revisite l’histoire de France avec humour et fantaisie. Le film met en scène le jeune Louis XIV entouré de personnages aussi célèbres que Molière, Cyrano de Bergerac et d’Artagnan. Entre comédie, vaudeville et film de cape et d’épée, le réalisateur joue avec les anachronismes et mélange librement réalité historique et fiction. Molière occupe une place centrale dans ce récit, notamment à travers son rapport au pouvoir et la liberté de parole des artistes durant la Fronde. Derrière cette fantaisie historique, le film interroge également les rapports entre le souverain, les élites et le peuple.
Michel Leclerc multiplie les références au cinéma populaire et privilégie des dialogues vifs ainsi qu’une mise en scène pleine d’énergie. Cette liberté de ton donne au film une vraie personnalité, même si certaines longueurs et intrigues secondaires, notamment sentimentales, affaiblissent parfois l’ensemble. Le réalisateur évite néanmoins le piège de la reconstitution classique et transforme le patrimoine historique en terrain de jeu. Une comédie audacieuse qui questionne avec légèreté la vérité historique, le pouvoir et la place des artistes dans la société.
