France, 2039. Une nuit, des activistes traqués par l’Etat, disparaissent sans laisser aucune trace. Julia Bombarth se trouve parmi eux. A son réveil, elle se découvre enfermée dans un monde totalement inconnu : PLANÈTE B.
Second long métrage d’Aude-Léa Rapin (après Les Héros ne meurent jamais, avec Adèle Haenel, sorti en 2018), Planète B propose un spectacle de science-fiction peu accrocheur, où les ambitions sont clairement anéanties.
Depuis quelques années, le cinéma français ose enfin explorer des genres cinématographiques s’éloignant des standards classiques (Titane, Vermines). Alors que ces initiatives comblent à peu près le manque de diversité de la production hexagonale, Planète B s’aventure sur le terrain de la science-fiction, mais vient ternir ce succès croissant. En effet, le film réalisé par Aude-Léa Rapin ne tient absolument pas la route : trop fauché et ressemblant à un ersatz de SF plutôt qu’à une œuvre aboutie. La cinéaste nous plonge dans un univers pseudo-futuriste, une sorte de thriller où des éco-terroristes activistes se retrouvent enfermés dans une prison virtuelle, la « Planète B », à une époque où le monde entier subit une crise climatique et écologique. Adèle Exarchopoulos incarne Julia, une jeune cheffe qui doit lutter avec ses congénères détenus dans un univers imaginaire : une villa à l’apparence luxueuse et illuminée, au bord d’une mer d’un bleu éclatant. Ce cadre idyllique se révèle être un enfer virtuel dirigé d’une poigne de fer par une caste dirigeante militaire qui emprisonne et torture psychologiquement tous ses opposants.
Le scénario part dans tous les sens, accumulant messages et concepts (écologiques, féministes, politiques), mais sans véritable cohérence. Aude-Léa Rapin ne maîtrise aucunement ce qu’elle produit, peu aidée par le manque de moyens et des effets spéciaux souvent limites.
Le récit, qui aurait certainement pu être plus développé avec une once d’originalité, s’avère si miséreux qu’il s’apparente au scénario d’une mauvaise série B sans le budget nécessaire. Outre les problèmes de mise en scène — car n’est pas Spielberg qui veut — la grande morale du film reste désespérément floue. La réalisatrice dilue son message subliminal écologico-féministe dans un fatras de science-fiction aussi informe qu’indigeste, doublé d’une absence évidente d’action. Mis à part un semblant de Battle Royale en fin de parcours, la platitude manifeste symbolise tristement le vide financier.
Dans ce ratage, Adèle Exarchopoulos surnage comme elle peut, tout comme Souheila Yacoub, toutes deux largement sous-exploitées et prises au piège d’un film accumulant maladresses et facilités. Avec son débardeur et son côté Action Woman, l’héroïne de Planète B se veut une Ripley française de maigre facture.
Planète B, d’Aude Léa Rapin, en salles le 25 décembre.
Note: 1/5
