Troisième film de la scénariste et réalisatrice franco-lituanienne Alanté Kavaïté, Belladone emmène Nadia Tereszkiewicz dans un drame sur la fin de vie, saupoudré d’une ambiance fantastique.
Dans un futur proche… Sur une île coupée du monde, Gaëlle, 30 ans, prend soin d’un petit groupe de personnes âgées. L’arrivée d’un voilier fait revenir joie et vie sur l’île. Pourtant Gaëlle doute des intentions des voyageurs car les anciens se mettent à mourir les uns après les autres.
Sur une île éloignée des réalités du monde moderne, un groupe de vieilles personnes vit, aidé et guidé par une Gaëlle aux petits soins, désireuse d’apporter un minimum de confort et de protection. Alanté Kavaïté situe son intrigue dans un endroit reclus, hors du système obligeant les personnes d’un certain âge à suivre des règles strictes. La communauté survit en vivant de ressources naturelles et animales. Une jeune médecin, s’opposant aux lois, arrive en bateau, suivie d’un jeune homme. Leurs arrivées impromptues viennent bousculer le quotidien de ces habitants, qui vont subir une mystérieuse malédiction, sur fond de belladone et de poules décédées. Voici le point de départ de Belladone, un drame semi-fantastique où toutes les symboliques de la mort et de la vie sont concentrées, en particulier celle des volailles, qui symbolisent la protection de la vie ou annoncent une fin de cycle imminente. Purificateur d’âmes, la poule est au centre du récit. Alanté Kavaïté en fait le socle de son scénario futuriste et fantastique, devisant sur la question de la mort, de l’euthanasie et des politiques encadrant tout cela. Avec une ambiance teintée de dramaturgie, mais aussi de mystère, Belladone va à l’encontre des législations en proposant une autre réflexion.
Patrick Chesnais, Miou-Miou et Jean-Claude Drouot incarnent ces vieilles personnes, en bout de course, qui attendent l’heure fatidique sur ce bout de terre. Nadia Tereszkiewicz, encore épatante, use de son talent dans un rôle difficile, mais profondément humain. Car l’humanité déborde du film d’Alanté Kavaïté, qui a tendance à considérer la mort des aînés comme une libération spirituelle. Toute la structure de l’écriture tend à valoriser la nécessité de l’accompagnement dans cette période de vie terrible. En témoignent quelques scènes dansantes et musicales, ainsi que le soin que porte Gaëlle à ses résidents. Bien qu’un peu lent, Belladone ne voit pas la vieillesse comme un fardeau lourd à porter, mais plutôt comme une transition harmonieuse menant à la finalité inéluctable de l’existence. Le film comporte de belles intentions cinématographiques et un climat mystérieux à la manière d’Agatha Christie. Au cœur de cela, la belladone, plante toxique à la forte signification symbolique : ceux qui en consomment meurent, mais les âmes ne renaissent pas.
Belladone, d’Alanté Kavaïté, en salles le 26 mars 2025.
Note :
3,5/5
