Avec Dis-moi juste que tu m’aimes, son 7e long-métrage en tant que réalisatrice, Anne Le Ny aborde certaines problématiques que traversent les couples modernes. Entre la pollution du monde professionnel sur les individualités, l’adultère ou le manque de confiance dans un couple, le public est servi par un enchaînement de séquences rythmées de manière efficace, à première vue.
Au bout de quinze ans de mariage, une crise met à l’épreuve l’union de Julien et Marie. Dans le couple, cette dernière a toujours été celle qui aimait le plus, aussi, au moment où Anaëlle, le grand amour de jeunesse de son mari Julien, réapparaît dans le paysage, Marie panique.
Les premiers instants du film laissent entrevoir le spectre d’un énième nanar narcotique, celui qu’a pu proposer le cinéma français dans ses heures les plus oubliables. Mise en scène et dialogues creux s’affalent sur l’écran jusqu’à ce que, par la force d’un remarquable casting (Élodie Bouchez, Omar Sy, Vanessa Paradis, José Garcia), des connexions naturelles fassent frémir l’eau de cet étang d’ennui.
L’intrigue s’élance alors, chancelle puis… s’écroule. Les thèmes du film, bien que pertinents, sont soulevés par une intrigue superficielle et stérile. C’est d’autant plus regrettable que le cinéma français est capable de démonstrations scénaristiques narrant des climats de couple anxiogènes, à l’image des récents L’Amour et les Forêts (2023) de Valérie Donzelli ou Jusqu’à la garde (2017) de Xavier Legrand.
Prometteur, le casting peine à rester crédible, au prix de dialogues vraisemblablement aussi recherchés que dans Petit secrets entre voisins : si la synergie entre Omar Sy et Élodie Bouchez fonctionne grâce à leur talent d’interprétation naturelle immense, le rôle de José Garcia en patron manipulateur (pourtant si convaincant dans Nous, les Leroy) ne tient pas vraiment debout. Ne parlons pas de la casquette de barista toxique que doit supporter Vanessa Paradis dans un rôle qu’on sent contre-nature. Même le dénouement, une séquence de cambriolage capillotractée, tombe à plat malgré la volonté d’épaissir une trame bien morose.
Dis-moi juste que tu m’aimes d’Anne Le Ny est l’une des premières grosses déceptions du cinéma tricolore de ce début d’année 2025.
1.5/5
